Mots de novembre


Je croyais que les journées interminables
En mots de poussières étalées sur la lumière
Etaient, avec les cigales, les plus bavardes.

Il y a pourtant, même en silence, plus de mots
Sur le rideau tiré bien tôt de novembre
Entre les feuilles de l’oubli des couleurs solaires

Et les pages du foyer, menteur de chaleur
Sur plage de parquet, canapé pour transat,
Caverne en laquelle se dit le mal d’aujourd’hui,

Paisible derrière le rempart des vitres
Qui n’ont aucun souvenir de toutes saisons
Et qui muettes ne me soufflent ce poème.

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Fin de l’été


Comme accroché à leurs longues cordes blanches arrachées aux terres qui veillent l’été mourrant, les avions éparpillent leurs rêves d’horizons.

Phrases silencieuses mais sans mystère du ciel, la lune les ponctue en un point de craie.

Puis, le royaume simple de la lumière se refait marbre avant un dernier vent voleur des parfums et stupeur des cigales.

De ces pays de souvenirs mérités, les vieilles pendules de chaque maison qui se répondaient dans les rues, continuent de sonner midi dans l’oubli d’un temps fluorescent sans nuances de vérités, étouffé par la réalité.

Nuit du matin débordant des rives du jour, le diktat du néon en compensation hystérique au bonheur redevient raison.

Du bavardage des cigales


Le souvenir de la nuit est comme photo jaunie dans la tasse tardive à peine plus chaude que le jour d’été qui gratte déjà le pin du jardin.

Exalté, offrant sa parure à l’astre écrasant de chaleur, il est voûte d’amour et trône du hasard dont on doute car trop criard.

Lointain, dans l’indifférence des secondes frottées, le clocher élance un midi discret et indolent sur le rideau de poussières endormies.

Dans la lumière qui maquille l’heure en éternité et tandis que l’ombre trahit la vérité, le silence de chacun est le chant sur le rythme des cymbales : espoirs de nymphes devenues sens de l’avenir.

La lune, fatiguée d’attendre les étoiles, s’est glissée dans son drap bleu. Dans ses rêves, elle se fiche de la prétention du nuage éclatant et boursouflé par la journée.

Il n’est plus de rêves sous la coupole d’une matinée désordonnée et qui, par bavardage de cigales, injurie comme luxe inutile, nos draps froissés en saccades d’une seule parole infinie dans l’oubli de la prochaine nuit.

Au chant des cigales


Cachée derrière les containers cerbères de ce qui n’est plus, tu attendais le carrosse bleu gardien de ce qui allait être en promesse éternelle.

Vers l’inconnu, comme envoûté par les sirènes de chaque été se faisant mystère des terres, l’espoir filait contre les vents pour se camoufler du soleil brûlant et ne profiter que des caresses des brises sur nos cœurs, nos regards et nos sourires envoûtés.

La poussière dansait sous nos pas silencieux et timides avant que le souhait ne soit foi. Le temps se figeait alors en lumière et en couverture de lit de terre de feuilles et d’amour.

Ici le souvenir reste un miracle. L’instant se fait mémorial. Et nous voici bravant les saisons à chanter comme ces cigales témoins de la patience à jamais rompues.

L heure entame un adieu, l’éternité rayonne sur notre bonjour.