Déni


Gourmand de bavardages
Faisant mur anti – bruit
De toutes les paroles,

Dévoreur perdu
Entre lettres et mots,
Entre sens et sens,
Pleurant l’un, hurlant l’autre

Ogre rassasié de rien,
D’aucun mensonge pour bruit
En sauce de silence pour chant,
En savoir pour tous et en croyances pour chacun,
Le monde est affamé de vérité
Mais n’aime pas le goût de la réalité.

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En monde reflété


Monde reflété, photographie : Boris Sentenac, tous droits réservés

Monde reflété, photographie : Boris Sentenac, tous droits réservés.

 

Les nuages sur l’absolu se font reflet du monde. Diable dévorant l’effroi ! Se dit, en silence de chaleur de soleil mourant et des terres crachant le souvenir du jour comme s’il s’agissait d’une offrande digne de l’infini, la vérité de chacun avec le déni du mélange de toutes les peurs dessinées vaporeuses.

L’homme parle trop en croyances qui esquissent ses rêves et fabriquent ses cauchemars et s’étonne, dans une larme qui n’a plus rien de la pureté de la rosée du matin, que ce ne soit le contraire.

Déni de lumière


Sous la lumière franche du matin,

Le monde par ma lucarne se couvre

Du déni pour croire profiter du repos.

 

L’eau s’est fait mur

Comme mensonge du réel

Reniement pour rêve de la vérité.

 

Le zénith sans rien souffler et

En silence saillant de transparence

Sait libérer toutes les fenêtres.

Cauchemar sur unirêves (comme paroles entendues)


Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

 

Le cauchemar, par son eau vaporeuse qui s’est voulue absolue dans le don de la vie, tente de noyer la lumière qui me sourit en rêve.

 

Le rêve est ce langage de tout parlant de la profondeur de l’être à faire rougir l’horizon des mers.

 

Ce cauchemar, en altitude vagabonde, se fait maître de l’ombre tandis qu’il oubli qu’il n’est que sujet du vent indomptable.

 

Rugir face à la surdité des nuages, qui se fait absurdité, ferait reflet de folie dans les regards. Le déni, pour ne voir que le bonheur toujours présent même caché sous l’obscure parole qui s’en fait manteau, serait mentir. Que dire du parti pris ?

 

Mon regard a donc fait son choix. Sans regret et bien loin de toute naïveté, en connaissance des mensonges, des non dits, j’admets le bonheur, même secret, de chacun et c’est aussi ainsi que je ne reviendrai pas sur le mien.

 

Le ciel n’est pas une trahison. Il n’est pas non plus à justifier tant il est naturel sauf dans le regard étriqué de l’être réduit à la pensée. Pourtant, chacun peut se rendre compte que le sens d’une phrase ne se fait pas qu’en mots. Interchangeables, ils ne trahissent jamais le sens de l’être dans sa phrase et ses maux. Et puis, on sait que pour tous, le sens se fait aussi par les sens…

 

Aussi visible que le silence, sans jamais me renier, en attendant la fin des sécheresses et l’évaporation des mauvaises soifs, vivant pleinement mon bonheur au même titre que chacun vis à vis du sien, je reste tendu vers les messages de toutes les étoiles.

Quotidien


 

Au loin, dans le matin froid, la montagne Sainte Victoire fumante de ses rêves joue sagement à cache – cache avec les collines vertes qui glissent dans le quotidien terne et presque transparent du passé drapé d’habitudes linéaires que chantent en monotonie majeure toutes les minutes des trente cinq du bus au sens des heures à pointer.

 

Dans le néant du soir d’hiver, me voici conscient de la langueur obligée passée et dans le déni de la fugacité de l’essentiel simple à venir. La monotonie est alors virgule des temps. No man’s land comme enfance aveugle sur les minutes qui ressemblent aux heures.

 

L’oubli se coince pincé dans l’empreinte, comme la route, entre les reliefs du matin et ton sourire du soir. Le temps n’est rien.