A deux mains


Les oiseaux chantent encore…

Par leurs chants ils empêchent la nuit d’être la mort du jour.

Ils nous offrent ce que l’on ne peut entendre lorsque la ville chante trop fort

Et qu’elle éclaire le ciel de ses lumières prétentieuses
Faisant qu’un maigre jour sur la nuit que les oiseaux font taire.

Projectile lumineux sur la paix de l’horizon,

Tu lances ton regard dans cet invisible chantant et, en un sourire sur le sort conjuré,
ton cœur vit le bonheur.
L’horizon est toujours inaccessible mais il est.

Dans la lumière la plus artificielle perce un regard des plus lucides.
Quel que soit l’horizon, il perçoit les étoiles derrière les nuages,

S’envole avec les chants des oiseaux, caresse la lune qui scrute tous les rêves
et bien que loin en mystères des cieux, il est toujours là.

Mathilde CAILLARD                                                                                                Boris SENTENAC

Savant en croyance


Perdu et enfermé au milieu des hauts pics froids
L’œil de la terre tel cyclope,
Impassible, sombre et froid,
Regarde les cieux en son silence
Laissant les mots pour le vent.

Plus bas, en ponctuation de prairie,
Un peuplier se tient au garde à vous
Devant les souvenirs des montagnes
Fuyant vers la promesse de l’horizon
De mers encore lointaines.

Droit sur sa terre, planté vers le ciel
Comme une plume sur sa page en guise de ciel
Il semble orchestrer le chant des oiseaux
Qui racontent en chants ce que nul pourtant ne peut dire
Et les rires des rivières qui se moquent des rochers

Qu’elles caressent en mémoires froides
Courant au rythme des mots éphémères
Et alors inaudibles, venus de tous les vents
Formant croyance aveugle de tous les savoirs
De l’endroit et de l’instant.

L’arbre en veines complexes d’hiver,
Aveugle du haut regard comme du trait d’horizon
Se fait autorité de posture en bavardages perdus
Comme soufflés des monts et des flots,
Parlant alors tel le ressac en silence perdu de miroir de nuages.

Ce qu’il sait n’est pas ce qu’il est,
Il est ce qu’il ne croît pas être
Il tend à être ce qu’il ne sera jamais,
Et n’ayant que trop peur de n’être rien
Il parle de tout comme si de rien n’était.

Ressources de poèmes


Les vagues inépuisables ne cessent de ranger leurs profonds secrets de toutes les origines. Elles sont les mots mystérieux d’hier prenant la couleur du vide vertigineux.

La nuit, le ciel ne dit que l’essentiel ponctué d’espoirs luisants.

L’horizon est la jonction du temps. Entre le passé et l’avenir, la falaise offre à mon regard la ligne du présent.

Chaque seconde que dit la mer au vent de l’éternité noire et ce souffle qui tente de lui couper la parole effritent ma roche.

Et de poussière en cailloux, transparent comme le temps, tombent des poèmes.

Mourir de souvenir (furtif)


Se laisser devenir un souvenir,
En dépit et par ailleurs de vivre,
Revient ainsi à se laisser mourir.

Soleil d’un jour, le même chaque jour,
Comme femme de l’instant pour le néant,
Monnayée en sourires et flatteries,

Et sans avoir rien d’autre à lui donner
Que ce qu’on a à lui prendre en l’instant,
Redoutant la déception d’un refus,

Plutôt que de ne succomber qu’aux corps
Qui ne promettent la sagesse des mots,
Aveugle à son regard sur l’horizon

Qui ne dit rien de cet instant furtif
Négocié en répétitions bourgeoises,
Tu méprises ce qu’il est à vivre.

Demain la lumière d’un autre soleil,
Et que tu ne vivras que paupières closes,
Fera de l’oubli ton identité.

Tu deviendras alors un souvenir
Fait d’insultes et de mystères bien déçus
Qui alors nous aura laissé mourir.

L’essentielle unité


Photographie "Before the rain" J2MC, droits réservés

Photographie « Before the rain » J2MC, droits réservés

 

Vagues éternelles sur vagues figées et rongées, comme la lumière et l’ombre, tel un foyer au regard lancé vers la ligne de l’union quotidienne de l’origine, trop lointaine pour converser, l’horizon est l’inaccessible raconté par le vent qui se fait parfois lit de nuage comme silence de sommeil tourmenté.

 

Les fenêtres se jettent sur une terrasse aux colonnes, chacune en garde – à – vous, pour l’honneur de quelques uns qui font face à l’honneur, de tous, oubliés.

 

Pourtant, même par luxe, le regard se fait comme l’expression d’un lointain souvenir, la jetée de la pêche à l’essentielle unité.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

https://www.flickr.com/photos/walberthur/

Nuit


Après que l’or du jour ne fonde et coule au fond des mers, le tapis rouge des rues des retours s’étale avant d’être enroulé et rangé par l’horloge qui radote en quotidien.

 

Plus tard, tandis que je veille mon sommeil décédé, la lumière invisible du lendemain étranger caresse le sourire de la nuit.

 

Les étoiles, en vies mystérieuses injuriant la mort infinie, gardent le secret de tous les soupirs d’avenir qui se font, en bel et pur abandon, la parole de leur regard de bulles de réel sur les rêves.

 

Avant que le soleil ne se lève de son drap d’horizon, le tapis blanc des rues des départs s’étale avant que je n’enroule et que je ne range mon inutilité forcée pour l’horloge qui radote quand même pour tous jusque dans le néant quotidien.

Voeu


Comme aucun vacarme, le cri du propos n’en est pas la force. Il n’est que tempête venue du désert du bonheur. Son souffle n’est que transparence de revenants. Il n’engendre que la crainte sans jamais se faire respect.

 

Fermer les yeux n’efface aucun fantôme.

 

Il n’est de spectre que celui de nos faiblesses. A chacun, à chaque communauté, sans rien renier d’essentiel, en ce moment d’espérance comme en tout autre pour chacun, en cette époque charnière pour tous, puisque nul ne sait si la poussière de l’horizon vole par colère ou en sérénité, pour qu’éclate alors la peur des mystères et que les cris deviennent chants, je souhaite la force d’admettre les mots simples à dire de chacun dans sa sincérité comme à entendre dans la tolérance par tous. Je souhaite à tous les mots simples de toutes les vérités.