Après le jour


Le jour est un vestige, il n’en reste qu’un incendie et ses cendres d’ombres.
Au sommeil des colombes, l’olivier appelle par ses feuilles que la brise rend scintillantes, les Pléiades qui regardent ailleurs.
Le chemin m’offre sa galaxie de poussière et de cailloux jaunis par la journée usée.
Les cigales sont en deuil et quelques grillons négocient avec la chaleur qui, discrètement, s’enfuit.
Au loin, quelques phares surveillent la tenue de l’horizon tandis que je butte sur une étoile.

Courant mystérieux


La poussière des paupières dépose,

Si tard comme s’il n’y avait plus d’heure,
Pour ne surtout pas faire pâlir la lune,
Sur ses yeux qui s’endorment doucement
En vagues grises, le trait d’horizon.

Au matin en une heure chavirée,
La mer s’étale sur le drap de plage,
Éclatante de lumière et l’azur
Et son courant pour la brise d’un songe

Emporte mon rêve noir d’horizon.

A deux mains


Les oiseaux chantent encore…

Par leurs chants ils empêchent la nuit d’être la mort du jour.

Ils nous offrent ce que l’on ne peut entendre lorsque la ville chante trop fort

Et qu’elle éclaire le ciel de ses lumières prétentieuses
Faisant qu’un maigre jour sur la nuit que les oiseaux font taire.

Projectile lumineux sur la paix de l’horizon,

Tu lances ton regard dans cet invisible chantant et, en un sourire sur le sort conjuré,
ton cœur vit le bonheur.
L’horizon est toujours inaccessible mais il est.

Dans la lumière la plus artificielle perce un regard des plus lucides.
Quel que soit l’horizon, il perçoit les étoiles derrière les nuages,

S’envole avec les chants des oiseaux, caresse la lune qui scrute tous les rêves
et bien que loin en mystères des cieux, il est toujours là.

Mathilde CAILLARD                                                                                                Boris SENTENAC

Savant en croyance


Perdu et enfermé au milieu des hauts pics froids
L’œil de la terre tel cyclope,
Impassible, sombre et froid,
Regarde les cieux en son silence
Laissant les mots pour le vent.

Plus bas, en ponctuation de prairie,
Un peuplier se tient au garde à vous
Devant les souvenirs des montagnes
Fuyant vers la promesse de l’horizon
De mers encore lointaines.

Droit sur sa terre, planté vers le ciel
Comme une plume sur sa page en guise de ciel
Il semble orchestrer le chant des oiseaux
Qui racontent en chants ce que nul pourtant ne peut dire
Et les rires des rivières qui se moquent des rochers

Qu’elles caressent en mémoires froides
Courant au rythme des mots éphémères
Et alors inaudibles, venus de tous les vents
Formant croyance aveugle de tous les savoirs
De l’endroit et de l’instant.

L’arbre en veines complexes d’hiver,
Aveugle du haut regard comme du trait d’horizon
Se fait autorité de posture en bavardages perdus
Comme soufflés des monts et des flots,
Parlant alors tel le ressac en silence perdu de miroir de nuages.

Ce qu’il sait n’est pas ce qu’il est,
Il est ce qu’il ne croît pas être
Il tend à être ce qu’il ne sera jamais,
Et n’ayant que trop peur de n’être rien
Il parle de tout comme si de rien n’était.

Ressources de poèmes


Les vagues inépuisables ne cessent de ranger leurs profonds secrets de toutes les origines. Elles sont les mots mystérieux d’hier prenant la couleur du vide vertigineux.

La nuit, le ciel ne dit que l’essentiel ponctué d’espoirs luisants.

L’horizon est la jonction du temps. Entre le passé et l’avenir, la falaise offre à mon regard la ligne du présent.

Chaque seconde que dit la mer au vent de l’éternité noire et ce souffle qui tente de lui couper la parole effritent ma roche.

Et de poussière en cailloux, transparent comme le temps, tombent des poèmes.

Mourir de souvenir (furtif)


Se laisser devenir un souvenir,
En dépit et par ailleurs de vivre,
Revient ainsi à se laisser mourir.

Soleil d’un jour, le même chaque jour,
Comme femme de l’instant pour le néant,
Monnayée en sourires et flatteries,

Et sans avoir rien d’autre à lui donner
Que ce qu’on a à lui prendre en l’instant,
Redoutant la déception d’un refus,

Plutôt que de ne succomber qu’aux corps
Qui ne promettent la sagesse des mots,
Aveugle à son regard sur l’horizon

Qui ne dit rien de cet instant furtif
Négocié en répétitions bourgeoises,
Tu méprises ce qu’il est à vivre.

Demain la lumière d’un autre soleil,
Et que tu ne vivras que paupières closes,
Fera de l’oubli ton identité.

Tu deviendras alors un souvenir
Fait d’insultes et de mystères bien déçus
Qui alors nous aura laissé mourir.

L’essentielle unité


Photographie "Before the rain" J2MC, droits réservés

Photographie « Before the rain » J2MC, droits réservés

 

Vagues éternelles sur vagues figées et rongées, comme la lumière et l’ombre, tel un foyer au regard lancé vers la ligne de l’union quotidienne de l’origine, trop lointaine pour converser, l’horizon est l’inaccessible raconté par le vent qui se fait parfois lit de nuage comme silence de sommeil tourmenté.

 

Les fenêtres se jettent sur une terrasse aux colonnes, chacune en garde – à – vous, pour l’honneur de quelques uns qui font face à l’honneur, de tous, oubliés.

 

Pourtant, même par luxe, le regard se fait comme l’expression d’un lointain souvenir, la jetée de la pêche à l’essentielle unité.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

https://www.flickr.com/photos/walberthur/

Nuit


Après que l’or du jour ne fonde et coule au fond des mers, le tapis rouge des rues des retours s’étale avant d’être enroulé et rangé par l’horloge qui radote en quotidien.

 

Plus tard, tandis que je veille mon sommeil décédé, la lumière invisible du lendemain étranger caresse le sourire de la nuit.

 

Les étoiles, en vies mystérieuses injuriant la mort infinie, gardent le secret de tous les soupirs d’avenir qui se font, en bel et pur abandon, la parole de leur regard de bulles de réel sur les rêves.

 

Avant que le soleil ne se lève de son drap d’horizon, le tapis blanc des rues des départs s’étale avant que je n’enroule et que je ne range mon inutilité forcée pour l’horloge qui radote quand même pour tous jusque dans le néant quotidien.

Voeu


Comme aucun vacarme, le cri du propos n’en est pas la force. Il n’est que tempête venue du désert du bonheur. Son souffle n’est que transparence de revenants. Il n’engendre que la crainte sans jamais se faire respect.

 

Fermer les yeux n’efface aucun fantôme.

 

Il n’est de spectre que celui de nos faiblesses. A chacun, à chaque communauté, sans rien renier d’essentiel, en ce moment d’espérance comme en tout autre pour chacun, en cette époque charnière pour tous, puisque nul ne sait si la poussière de l’horizon vole par colère ou en sérénité, pour qu’éclate alors la peur des mystères et que les cris deviennent chants, je souhaite la force d’admettre les mots simples à dire de chacun dans sa sincérité comme à entendre dans la tolérance par tous. Je souhaite à tous les mots simples de toutes les vérités.

Matin


Les empreintes de tes rêves deviennent lits de l’oubli.

 

Au réveil, le ciel est comme page blanche de poète.

 

Au loin, des poussières d’oiseaux survolent l’horizon déchiré des matins.

 

La couverture de vapeur enveloppe en mystère la colline.

 

Elle fait face à son reflet d’évidence par la lumière.

 

L’heure se donne par le soleil qu’on croirait injuste comme la chance.

 

Tandis que l’oubli lisse ton visage,

 

Le ciel se charge des larmes et des sourires de la journée.

Le visage du rêve (2)


le visage du rêve 2

(Illustration : Boris Sentenac, droits réservés)

Les poussières de nuit s’étalent sur le tapis des rêves, éclairées par les étoiles, et rient de leur distances par nuances étalées.

Par quel vent asséché se devine en ces mystères la mort frottée sur le tapis blanc du rêve ?

Ton sourire à l’horizon fait l’expression du mensonge aux doutes criant de toutes les vérités.

Identité aspirée, fantôme tel devenir souhaité de Pinocchio, l’éclat lointain éclaire ta survie du possible.

Chant figé dans la glace du chaos comme une pierre crie l’éternité, le piège du rêve est le souvenir opaque de l’origine.

La force du visage de ton amour est le reflet des étoiles.

Voir « Le visage du rêve (1) »  en cliquant sur le lien suivant https://borissentenac.wordpress.com/2015/08/26/visage-du-reve-1/

Les oiseaux


De la pelouse souillée qui borde les murs des savantes lumières, un gardien de cimetière élancé dans l’oubli des saisons, droit comme une aiguille de cadran solaire, à jamais vert comme notre fauteuil improvisé, écoute de loin nos révolutions vaines du monde qui s’envolent, légères de notre jeunesse, dans sa caresse invisible et froide de l’hiver. Le silence de ce cyprès se confronte aux chants qui habillent la ruine cyclique de l’ombre de l’été passée de l’opulence verte à la nudité des branches implorantes. Le temps démontre encore ses réticences en nous aveuglant par la courte ronde du soleil pale semblant alors fatigué par nos discours ainsi écrasés. La ville, comme ayant repris son souffle avec les oiseaux pour ultime bonsoir lancé au jour, s’offre en déchirure comme poème de ratures. De mon silence, l’écho de nos bavardages me parle de ma solitude.

La nuit s’invite offrant quelques heures de dernières faveurs par injures d’ampoules. Trésor vainement caché des rides par volets fermés, rideaux tirés aveugles d’espoirs. Ma plume endormie, sourde et silencieuse de reproches de ses caresses réduites en souvenirs, prie les oiseaux qui s’écoulent sur mes joues.

Alors, la loi du règne des contraires pose son diktat puisque le jour s’est fait nuit. Maintenant l’appétit se fait nausée, les goûts et les parfums abandonnent leurs nuances et leurs différences faisant de mes émotions un reflet nu et juste mécanique. La vie perdure soumise à sa colère : mère perdue de cauchemars. Il reste la peur.

Tempête transparente, souffle coupé de plume, il est temps de bercer la Géhenne des mots pour éclater mes maux par la brûlure de la nuit. Que chante et vole l’innocente simplicité née de complexités ! Alors mon regard sera celui des oiseaux qui chantent haut à l’horizon comme prières lancées sur la fuite du néant pareille aux chants qui habillent la ruine cyclique de l’ombre de l’été, comme une insolence sur le malheur de l’oubli.

Plutôt que d’un manteau de corbeau digne des heures de fatigues, je m’habillerai de leurs cierges.

 

A lire aussi :

https://versantares.wordpress.com/2015/12/10/les-oiseaux/

 

 

Percée


Photo : Margot Roisin (droits réservés)

Photo : Margot Roisin (droits réservés)

 

Voyageuses fantomatiques, au souffle, les vapeurs racontent en de lentes danses leurs secrets de couleurs dévorées.

 

En un regard, le silence impose sa menace et sa peur d’amours défendues.

 

Percée, aveuglée de lumières comme autant de bavardages inutiles, nous t’offrons nos sourires carmins pour grimaces de rides étrangères.

 

Alors, notre terre s’endort sur le lit de l’horizon. Rêves linéaires de lendemain, l’heure est à l’apaisement d’hier

 

Photo extraite du blog :

https://regardsdicietdailleurs.wordpress.com/

Transparence des couleurs


Les pétales de sang, au milieu des herbes qui se faisaient écho du ressac de nos paroles de caresses que seule la brise rappelle, effleurent des brûlures de la saison.

 

A l’heure bleue, les paupières sont rideaux des étoiles et l’absence ne t’enlace que trop mal pour t’empêcher de sombrer dans les abysses d’un mauvais rêve.

 

Loin du temps et de l’espace des couleurs, mon espérance est la boussole de la solitude qui sert de radeau sur l’océan lit de nuit.

 

Rude terre promise, voulue comme horizon, où, en mauvais mariage, se confond volonté et espérance ne donnant que transparence.

D’hier et de demain


d'hier et de demain1

Photographies : Boris Sentenac, droits réservés

La chapelle, gardée par quelques cyprès : fidèles flèches figées vers l’éternité, apparaît comme secret d’un souvenir vivant pareil aux murmures des prières désertées. Sa perspective telle une caresse sur les collines s’abandonnant à la mer séductrice de la lumière vouée à sa noyade nous dicte notre espoir.

Mensonge furtif de sérénité sur l’abandon tenace et obligé de l’enfant aux cris silencieux de sa mort inaccomplie, retour en bénédiction bleue sur la vérité de l’inexistence de l’horizon. Mer contre terre, jour contre lueurs, joies et peurs s’étalent autour de l’instant que nous gardaient les innombrables et centenaires suves pareils à une armée en campagne sur la misère fructueuse comme la raison bien pensante sur nos sourires, restés simples et essentiels, habillés d’hier et de demain.

L’un dans l’autre


Sur la plage, l’horizon envoie les embruns par les danses mousseuses d’ennui plat et caniculaire sur la lourde poussière comme linceul de mer sur lequel on étale des serviettes pour fesses à tremper.

Au loin, les collines, sous les poussières légères narguant les vengeances à venir encore blanches du ciel, nous rappellent, rassurantes, la sécurité des murs abandonnés à distance suffisante pour un rien de rires vides mérités qui écopent un autre rien trop plein de nécessités aussi aveuglantes que ce soleil considéré comme repos.

Voici en carte postale un l’un dans l’autre antagoniste de ce qui s’appelle hâtivement et uniformément bonheur  voyageant de pâtés de maisons en palais de sable et qui ressemble pourtant au vent qui fuit. Voici en subterfuge de besoins justes désignés ainsi et qui, en concurrents absurdes, se justifient l’un avec l’autre.