Du poème


Sur la lumière de papier,

L’instant en encre s’écoule.

 

L’éclat statique prend sens

En ombres fines de mots.

 

En pas de chat, ton regard

Ouvre le temps au hasard.

 

Le poète en traducteur

N’est libre que du poème.

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Poésie 10


La poésie est une lumière.
Le poète est son traducteur.
Le poème est son ombre.

Sur la page blanche comme la nuit


On arrose de mots
Les pleurs fanés
Qui s’écroulent du cœur
Et qui voutent le dos
En s’appuyant sur le temps.
Le cœur est lourd
Comme une armoire
Qui ne cesse d’être remplie.
Si de temps en temps on l’ouvre,
C’est juste pour croire
Qu’on la vide comme on croit
Que la page se noircit
Par l’encre luisante
Du poème déjà sec.

Poésie 9


Jardin d’étoiles, parc de galaxies, vallées d’univers
Pour autant de couleurs de poussières,
De gouffres en spirales sans vertige
Et de lumières mères des ombres
Présentes et transparentes
Qui s’offrent sans que l’on puisse les cueillir
Comme la poésie fait le poème qui fait le poète.

Un instant de poème


La seine s’écoule comme l’encre du poème.
Ton regard s’étire comme le sens de ton poème.
La vitre fait silence comme la page du poème.
Puis en prunelles furtives croisées nos sourires font mots.

L’instant s’étire en son silence comme s’écoule ce poème.

Souffle d’une prière (poème)


Voici donc le texte de la vidéo de ce poème que je vous ai proposé il y a quelques jours. Bonne lecture.

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Et tandis que le graisseur de moteur hante toujours de son heure furtive l’ardeur que tu sais sur celle que j’imagine,

 

Tandis que le souvenir de ses vagues ne sera jamais l’éternité des mers, sa promesse de voyage n’embarque jamais aucun mot fort pour les temps à venir,

 

L’horizon est ici : sur ses vagues qui se remuent comme hier ses fesses effleurées par une lumière silencieuse, son cargo de patience part pour ailleurs mais ne ramènera rien des nuages qu’il va croiser.

 

Il reste tel le mystère des mers, comme la page essentielle à l’encre qui ondoie vers la profondeur de ses mots mais qui s’envole dans le silence de l’écrit, comme la retenue de la caresse qui n’a de sens qu’en mots de toutes les absences trop légères et qu’un bâtiment de fer ne fait qu’excuse au graisseur de moteur.

 

Mer qui regarde les étoiles dans son sommeil perdu, sans jamais entendre autre langage que le voyageur à l’horizon d’une jeunesse de découverte déjà assouvie, prise dans tous les vents, jamais dans aucun courant, tu sais la hauteur des falaises, l’abondance du mariage de ta terre et de la lumière.

 

Les étoiles filantes ont le destin tragique des cadavres et ce qu’il en reste se noie perdu dans l’étendue du voyage qui ne mène que vers jouissances de marins.

 

Le souvenir du sable, couleur de sa peau, s’est envolé comme poussière par la brise transparente de sa raison pour tous ses sens, tandis qu’elle porte ton chant, au-delà des plus lointains bateaux, au-delà des veilleuses de tous les songes.

 

Dès lors, les sirènes meurent de ton sommeil, de ta négligence d’insomnie qui jette la couverture promise de l’horizon de la mer et qui s’éveille sur les mots couleur crasse de moteur. La mer n’est que le reflet du ciel et le ciel n’est que le mensonge de la lumière.

 

La plage comme frontière t’a dit, sans rien dévoiler des mystères des flots qui semblent offrir de leur dentelle en s’étalant sur la terre, que l’origine s’épanchait sur le devenir sans jamais, que par toi-même, rien y faire.

 

De ses mots, dévoreurs de l’aube invisible des lointains horizons, ne reste qu’un souvenir vague de vagues originelles de ce marin sans phare, et l’imperfection de ta mémoire quant à ces instants n’est qu’étincelle ratée.

 

Comme chacun largue ses amarres, chacun choisit son port.

 

Ainsi mon amour, la conjugaison de notre poème se fera dès lors au pluriel de nos regards qui glissent sur les flots et s’élèvent jusqu’à Antarès.

 

Car sinon il n’est pas, l’amour ne meurt pas de silence, de cris ou de chants de sirènes. Il nous élève comme le souffle d’une prière.
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Retrouvez la vidéo de ce poème en cliquant sur lien suivant :

https://borissentenac.wordpress.com/2017/09/25/souffle-dune-priere/

Et sur le même thème le poème de Margot Rosin :

http://wp.me/p4c7zc-a0

Comme un poème


Le soleil n’est jamais rouge :

L’heure l’exprime

Comme un poème

Exprime le monde.

 

Tes yeux ne voient rien,

Ta pensée le sait

Comme un poème

Sait ton monde.

 

Ton regard saisit l’opulence :

Le reflet de l’instant

Comme un poème

Saisit qui tu es.