Encre de mon poème


A l’encre de lumière, je fume ma cigarette pendant qu’elle m’accompagne en fumant la poussière.

Nous fumons le temps qui s’étale sur la palette du jour pour que l’éclat peigne la nuit en sa lune et ses étoiles et dont je fais couleur de mon poème.

Journée d’un poète


Dans la rue, l’agitation ne dit que ce qui semble devoir être. Chacun a laissé son silence derrière les fenêtres statiques comme la patience qui fait leur journée.

Comme si j’en avais accroché à mon ombre, me fondant dans la foule, je marche sur mon silence et mes pas s’empresse pour ne rien manquer de ce que je ne sais encore de cette journée.

Le silence me suit et je ne crains pas de le perdre : en ville, et même aux heures obligées, il y a toujours trop de lumières pour qu’il n’y ait plus d’ombre même légère ressemblant à son langage : comme dévêtue mais sans gêner aucune pudeur.

Plutôt que de n’être qu’un œil qui range sans cesse son rayon de souvenirs, mon ombre use de ses mots d’hier pour accueillir ceux du jours et élabore, sans jamais rien inventer, le sens des sens qui écrit le poème

Les mots s’inscrivent en encre d’ombre ressemblant à mon plume avant même que je ne le saisisse pour reposer leurs silences conviés sur le lit blanc et qui leur est déjà réservé.

Matinée d’un poète


Quand le matin n’est pas encore levé, que chaque bruit est retenu pour ne pas entraver les minutes qui lui restent de sommeil,

Pareils à ces instants où il fallait prendre la route tôt pour ne pas trop manquer du premier jour encore en ses rêves scintillants d’un autre soleil et d’autres senteurs et partir avant d’avoir dit au revoir en fuyant furtivement le jour qu’on ne voudrait pas décevoir,

Ou bien quand il fallait prendre le train pour traverser l’espace sur les rails du jour du retour et quitter les odeurs du buffet qu’on perçoit une dernière fois comme au premier jour, s’étonnant de n’avoir été que trop stupide pour les avoir rangées sur l’étagère des habitudes,

De cette sensation étrange d’avoir volé le matin, impression en réminiscences aujourd’hui n’ayant plus le même sens qu’hier sur tous les matins infinis, il reste le buvard du silence et ses taches d’encre du poème qu’il reste à écrire.

D’un silence à un autre


D’une terre à une autre, tu passes toujours par l’origine de tout.
D’un vent à un autre, comme tes voiles, tu la respires.
D’un verre à un autre, aussi plate que sphérique, tu la bois.
D’un poème à un autre, colorée pour aller du néant au chaos, tu l’écris.

Quiétude griffonée


Avec le souffle pour clocher des messes des rêves et trace de ma conscience, sur ton visage gardien de ses phrases de silence pour secrets des jours, à peine ponctués de mots d’un reel inaudible, en ces heures de quietude, tu m’as offert ton sommeil griffoné comme une rature sur un poème.

Secret de lumière


Tel l’espoir absolu

Qui crierait sa mort

En sommeil de rêve noir,

Tel un songe suprême

Qui tairait sa vie

En rêve de sommeil blanc,

Le poème s’écrit

A l’encre des secrets

Confiés par la lumière.

Du poème


Sur la lumière de papier,

L’instant en encre s’écoule.

 

L’éclat statique prend sens

En ombres fines de mots.

 

En pas de chat, ton regard

Ouvre le temps au hasard.

 

Le poète en traducteur

N’est libre que du poème.

Sur la page blanche comme la nuit


On arrose de mots
Les pleurs fanés
Qui s’écroulent du cœur
Et qui voutent le dos
En s’appuyant sur le temps.
Le cœur est lourd
Comme une armoire
Qui ne cesse d’être remplie.
Si de temps en temps on l’ouvre,
C’est juste pour croire
Qu’on la vide comme on croit
Que la page se noircit
Par l’encre luisante
Du poème déjà sec.

Poésie 9


Jardin d’étoiles, parc de galaxies, vallées d’univers
Pour autant de couleurs de poussières,
De gouffres en spirales sans vertige
Et de lumières mères des ombres
Présentes et transparentes
Qui s’offrent sans que l’on puisse les cueillir
Comme la poésie fait le poème qui fait le poète.

Un instant de poème


La seine s’écoule comme l’encre du poème.
Ton regard s’étire comme le sens de ton poème.
La vitre fait silence comme la page du poème.
Puis en prunelles furtives croisées nos sourires font mots.

L’instant s’étire en son silence comme s’écoule ce poème.

Souffle d’une prière (poème)


Voici donc le texte de la vidéo de ce poème que je vous ai proposé il y a quelques jours. Bonne lecture.

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Et tandis que le graisseur de moteur hante toujours de son heure furtive l’ardeur que tu sais sur celle que j’imagine,

 

Tandis que le souvenir de ses vagues ne sera jamais l’éternité des mers, sa promesse de voyage n’embarque jamais aucun mot fort pour les temps à venir,

 

L’horizon est ici : sur ses vagues qui se remuent comme hier ses fesses effleurées par une lumière silencieuse, son cargo de patience part pour ailleurs mais ne ramènera rien des nuages qu’il va croiser.

 

Il reste tel le mystère des mers, comme la page essentielle à l’encre qui ondoie vers la profondeur de ses mots mais qui s’envole dans le silence de l’écrit, comme la retenue de la caresse qui n’a de sens qu’en mots de toutes les absences trop légères et qu’un bâtiment de fer ne fait qu’excuse au graisseur de moteur.

 

Mer qui regarde les étoiles dans son sommeil perdu, sans jamais entendre autre langage que le voyageur à l’horizon d’une jeunesse de découverte déjà assouvie, prise dans tous les vents, jamais dans aucun courant, tu sais la hauteur des falaises, l’abondance du mariage de ta terre et de la lumière.

 

Les étoiles filantes ont le destin tragique des cadavres et ce qu’il en reste se noie perdu dans l’étendue du voyage qui ne mène que vers jouissances de marins.

 

Le souvenir du sable, couleur de sa peau, s’est envolé comme poussière par la brise transparente de sa raison pour tous ses sens, tandis qu’elle porte ton chant, au-delà des plus lointains bateaux, au-delà des veilleuses de tous les songes.

 

Dès lors, les sirènes meurent de ton sommeil, de ta négligence d’insomnie qui jette la couverture promise de l’horizon de la mer et qui s’éveille sur les mots couleur crasse de moteur. La mer n’est que le reflet du ciel et le ciel n’est que le mensonge de la lumière.

 

La plage comme frontière t’a dit, sans rien dévoiler des mystères des flots qui semblent offrir de leur dentelle en s’étalant sur la terre, que l’origine s’épanchait sur le devenir sans jamais, que par toi-même, rien y faire.

 

De ses mots, dévoreurs de l’aube invisible des lointains horizons, ne reste qu’un souvenir vague de vagues originelles de ce marin sans phare, et l’imperfection de ta mémoire quant à ces instants n’est qu’étincelle ratée.

 

Comme chacun largue ses amarres, chacun choisit son port.

 

Ainsi mon amour, la conjugaison de notre poème se fera dès lors au pluriel de nos regards qui glissent sur les flots et s’élèvent jusqu’à Antarès.

 

Car sinon il n’est pas, l’amour ne meurt pas de silence, de cris ou de chants de sirènes. Il nous élève comme le souffle d’une prière.
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Retrouvez la vidéo de ce poème en cliquant sur lien suivant :

https://borissentenac.wordpress.com/2017/09/25/souffle-dune-priere/

Et sur le même thème le poème de Margot Rosin :

http://wp.me/p4c7zc-a0

Comme un poème


Le soleil n’est jamais rouge :

L’heure l’exprime

Comme un poème

Exprime le monde.

 

Tes yeux ne voient rien,

Ta pensée le sait

Comme un poème

Sait ton monde.

 

Ton regard saisit l’opulence :

Le reflet de l’instant

Comme un poème

Saisit qui tu es.

A la lisière du poème


A la lisière du poème
Le vent prend son souffle
Avant d’offrir
Les mots en nuages.

Le temps est partout,
Peu importe sa lumière,
En train de poussières,
Maintenant est ailleurs.

Le chant de l’oiseau
Est éternel.

Tout était déjà là
Avant d’écraser ton verbe,
entrain de souvenirs,
Tout est déjà mort.

Tes mystères
Et la réalité
Font ta vérité,
A la lisière du poème.

Ton voyage n’a que faire
De sa destination.

Poème


Je suis tel un volcan.

L’essentiel brûle en moi

Et dilate mes rêves.

Puis le réel brillant

Jaillit comme un secret,

Comme la mort d’une étoile,

Et s’écoule sur ma joue

Pour devenir poussière

Ou sable sur la plage.

Fossile de vie figé

Qui s’endort sur sa page

Tous les mots vers le ciel.

S’étale le nouveau né

Dans son cri de poème.

Main


Bois d’antennes de ciel froid qui attrapent bien plus, bien mieux, de l’invisible de la lumière qui échappe toujours à ma main, à mon obscure empoigne.

 

Forêt de mains vertes de chaleur qui saluent la brise et caressent le ciel en politesses que mon frêle élan ne permet pas.

 

Parce qu’elles sont libres, mes mains connaissent l’échec. Mais elles ne se font jamais masque de rires, jamais barreaux de larmes de la liberté.

 

Sans les bavardages de mon espèce bruyante avant d’être brillante, de la lecture silencieuse de toutes les saisons, il reste à mes mains le poème qui traduit ce qu’est le monde.

Paradoxe


La mer est possessive et, masquée en chants de marins, solitude de bateaux.

 

La plage est infidèle par nature, acceptant toutes les caresses de chaque vague passante.

 

Il n’est aucun mot à la simple perception de la réalité tandis que tous se pressent sur les vérités du sable, comme les poèmes sur les déserts blanc.