Autoroute


Découvrez ou redécouvrez le court-métrage (7min 39 sec) « Autoroute »

Ce film vous plaît ? Cliquez sur le bouton « j’aime », partagez et abonnez vous (blog, chaîne Youtube). Par avance, merci beaucoup.

Les entrailles de la fatigue

Les entrailles de la fatigue


Les entrailles de la fatigue. Photographie Boris Sentenac, tous droits réservés.

Les entrailles de la fatigue. Photographie Boris Sentenac, tous droits réservés.

Le chemin facile par sa droite qui s’enfuit est flou et n’offre pour horizon qu’un point de nuit.
La lumière ne sait rien ni du jour, ni des étoiles. Elle brille avec l’expression du silence du sommeil d’un absent tandis qu’elle reste muette à la patience de nos rêves.
La fatigue a dévoré le choix et n’offre que le reflet d’être en reste des mots prononcés à la lumière de la lanterne épuisée.
En respiration du temps, elle est déjà hier en effort d’aujourd’hui et n’offre en compagne qu’une rampe noire.
Au bout de son élan trainant comme tentant de s’agripper à la seconde qui la dépasse, elle sera drap d’épuisement pour demain.

Baisers de brouillard


Découvrez ou redécouvrez le court-métrage (1min 8sec) « Baisers de brouillard » réalisé avec Mathilde Caillard pour la musique.

Ghislène Ghouraïb (Photographe)


Capture Ghislène
Entre fin 2019 et début 2020, mon amie Ghislène Ghouraïb avait réalisé une série de portraits de votre présent serviteur. Elle se lance avec son immense talent en tant que photographe et voici son nouveau site Internet. En cliquant sur le lien ci-dessous, découvrez ses magnifiques clichés et n’hésitez surtout pas à la contacter.

Rêvunir (poème)


Depuis la mer, tu sens le vent s’engouffrer vers son avenir.

Il s’empresse comme un enfant au bord de sa promesse.

Il s’empare de poussières pour raconter son voyage qu’il déposera en présent à demain.

Les vagues une à une le salue tandis qu’elle lui montre la lumière.

Ici, la mer est au terme d’un voyage sans début connu.

Elle arrive à chaque seconde, à chaque vague reprenant la précédente

Sans jamais s’étaler indéfiniment sur son terme.

Après avoir gouté au sable, elle semble discrètement

Repartir aussitôt dans le mystère de ses profondeurs,

Vers d’autres espoirs de marins.

 

Quels sont leurs rêves ?

On-t-il un sens qui mène là où ils les rêvent ?

 

Tu pars à la conquête de ta vie pour quelques éclats ronds de nécessaire qui

Devancent le soleil et dans son sommeil, tu noies ton espoir dans une nuit de café en voyant la fumée s’en aller vers le néant avant de te défaire des poussières offertes par les vents.

Le monde te sait et tu ne sais que ton monde.

Tu t’engouffres dans les tunnels de l’immobile voyage

D’hier, aujourd’hui et demain.

Le temps est ponctué en trait-d’unions de néons et de parenthèses d’autres voyages identiques.

Et tu entends la mer. Elle est ici si loin.

Tu arrives.

 

Quel est ton rêve ?

A-t-il un sens qui mène là où tu le rêves ?

 

Est – ce d’aller vers ses rêves quand il s’agit d’y revenir ?

 

Tu peux rêvunir

.

Pour voir le film Rêvunir, cliquer sur le lien ci-dessous :

Rêvunir


Voici les émotions de l’espoir dans ce court-métrage composé de deux parties : la première étant celle du poème déclamé et la deuxième étant celle du poème joué. Découvrez le film poétique « Rêvunir » en cliquant sur le lien ci-dessous :

Cauchemar (poème)


Il arrive

 

Silencieux comme un secret

Bavard comme un mensonge,

Il rampe comme l’ignorance

Avec son suicide pour envie.

 

Il s’installe

 

Muet comme l’éternité

Il murmure avec la voix du temps

Qui s’envole comme fil coupé

Avec ses ciseaux pour mot

 

Il est là

 

Insonore comme son regard d’éclair

Il crie ses saillies précipitées

Qui étouffe ton sommeil

Avec ta panique pour éveil

 

Il est en toi, juste là où il était déjà.

Sur le lien ci-dessous, découvrez ou redécouvrez le film « Cauchemar  » avec, après « BAL-HAINE », la deuxième participation de Marion Gay pour la musique.

Cauchemar


Toutes les émotions sont à vivre… Elles ont leurs origines propres.

Avec la participation de Marion Gay pour la musique, voici le dernier court-métrage (1min29) « Cauchemar ».

BAL-HAINE (poème)


J’étais prêt pour aller dans le monde des rues

Ces chemins connus dont on ne sait plus

Si c’est le pas ou le macadam

Qui oriente

 

J’étais prêt pour les lumières colorées

Et le verni allumé des pluies

Tandis que derrière la vitre

La peur se taisait.

 

J’étais prêt pour les certitudes bruyantes

De nos bavardages et de nos rires rusés

Brillants dans nos regards de renards

En galaxie des toiles.

 

Ou encore,

 

J’étais prêt à franchir une eau pour une autre,

De l’évidence des vagues vers leurs mystères

Brassés par les nageoires de rares sirènes

Aux chants dignes de bal-haine.

 

J’étais prêt à tremper les linges

Qui déguisaient en charisme

Mes cicatrices piquantes

Comme sel du monde

 

J’étais prêt pour être comme la transparence,

Mais habillé que de fortes prétentions

Ne faisant que mes faibles croyances,

J’ai entendu hurler le loup flou.

 

Audible comme le silence : voix de la lune

Tel ancêtre perdu de la servitude

De quelques jours éteints,

Je suis de vœux nus.

 

Découvrez, ou redecouvrez, le court-métrage « BAL-HAINE » réalisé avec la participation musicale de Marion Gay que vous aviez pu voir dans le film « Autoroute »

 

BAL-HAINE


Voici le dernier court-métrage (2 minutes et 2 secondes) réalisé avec la participation musicale de Marion Gay que vous avez déjà vu dans le film « Autoroute ».

Amour en devenir (poème)


L’amour est tel un rêve :

Il est ailleurs ici

Et s’efface au réveil.

 

Ivresses des minutes

Tes vapeurs font ton ciel

Comme l’oubli sur l’étoile.

 

La lune te sourit

Te disant le vestige

En reflet de flammes.

 

Poussière de regards

L’espoir en souvenirs

S’écrase sous la pluie.

 

Silence du néant

Pour science du chaos,

Je le vis en virgules.

 

Le souffle n’est repris

Qu’au diktat du bonheur

Pour un ultime cri

 

D’errance sur erreur

Figeant toutes les heures

D’un réel en horreur.

 

Découvrez ou redécouvrez le film « Amour en devenir »

Concert Mathilde Caillard à La Manufacture (Choisy le Roi)


Du soleil et sa chaleur en émotions de cordes.

Le 8 mars 2020, à La Manufacture à Choisy le Roi, s’est déroulé le concert de mon amie Mathilde Caillard. Découvrez le !

Vous aimez ? N’hésitez pas à partager.

Et pour visiter son blog :

Mathilde Caillard – De la musique et des mots

 

Les mains


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Photographie Ghislène Ghouraib, tous droits réservés

 

Les ombres déposent leur bavardage sur l’attente et son souvenir d’amertume éphémère.

Usées d’avoir fait l’idée de chaque instant, les mains s’entrecroisent comme l’ouvrage des jours sur les nuits.

Elles déposent leur repos, essoufflées de caresses devenues transparentes, toujours éprises des mots écoulés.

Elles n’ont rien vu et ne répondent plus qu’à la cécité de la fatigue d’heures perdues à tenter de les gagner.

Elles ne comptent plus comme nul ne compte jamais les trésors de poussières de chaque vent.

Les mains ont saisi la patience de leurs doigts tels de longues phrases qui n’ont plus que leur ponctuation.

Ni dures, ni douces, elles attendent le souffle de la dernière minute pour l’évidence de leur position figée.

En espoir de poussière


Etoile de toile en ciel de mur
Immobile comme la nuit
Invisible à tes proies
Qu’en langage de silence
Tu absorbes leur peur
Pour acharnement vain de vie
Sitôt pris dans ta dentelle,
Et tu apparais comme l’amour :
En espoir de poussière
Quand il revêt la vulgarité
De ce qui est trop beau.

Forêt de verres

Forêt de verres


Photographie : Boris Sentenac,

tous droits réservés.

Les trésors sont bus et les salives pour baisers ont séché.

Le vide est la musique de l’instant avant de rendre à la table la patience d’instants suivants. De cette terre, n’a poussé que quelques souvenirs transparents et figés avec leurs capsules tombées pour bourgeons de silence.

Chaque élan de ces vestiges de sable et de calcaire vers la falaise de rideau, seule à accrocher la lumière, est autant de prétexte pour mauvais élan de verbes hauts et de ma présence en tous les instants avant de m’enfuir comme le temps.

Mais quel chemin prendre dans cette forêt verte et brune de bruits écoulés ?

En couleurs de reflets

En couleurs de reflets


Reflets

Reflets. Photographie : Boris Sentenac, tous droits réservés

En couleurs de reflets,

La lumière a dessiné sur la fenêtre le silence de quelques cheminées.

Sur un ciel timide,

Elles semblent attendre pour lancer leur encouragement vers le ciel, faisant croire qu’elles fabriqueraient les nuages à celui qui regarde son quartier en parlant du monde.

Mathilde CAILLARD en live


Bonjour à tous,

Sur le menu de ce blog, un lien vous envoie vers le blog de mon amie Mathilde Caillard. J’ai quelques projets artistiques avec elle, dont le film « Autoroute » que vous découvrirez le 5 décembre 2020.

En attendant, je vous propose de la découvrir avec deux de ses chansons par le biais de la vidéo suivante :

Et voici les paroles des deux chansons :

Le Rire

 

 

Tu sais que l’éphémère n’est pas fait pour moi

Que l’astre lunaire me prive de toi

Toi tu es le feu, toi tu as le sang chaud

Je t’avoue qu’à mes yeux, nous brûlons de défauts

Toi tu es le rire qui détruit l’espoir

De pouvoir réécrire une belle histoire

 

 

Tu sais que les accusations qui sont tournées vers toi

Ont peut-être une raison – que tu justifieras

Toi, tu lèves les yeux, te mures dans le silence

Qui glisse entre nous deux une glaciale distance

Toi tu es le rire qui détruit l’espoir

De pouvoir réécrire une belle histoire

 

 

Tu sais que nos contradictions nous chuchotent tout bas

Les paroles d’une chanson qui m’émeut chaque fois

Toi, tu sais me plaire, toi tu sais m’attraper

Tantôt tu me serres, tantôt tu me laisses errer

Toi tu es le rire qui détruit l’espoir

De pouvoir réécrire une belle histoire

Paroles et musique : Mathilde Caillard, tous droits réservés.

Point de martyr, point d’apôtre

 

J’ai aimé à ma façon

L’ombre et la douce amertume

Chez les filles et les garçons

Qui s’enferment et qui se fument

 

Une bouffée d’horizon

Quand apparaît la lumière

Nos cœurs battent à l’unisson

Exaucent mille prières

 

Je trouve en chacun de vous

Une perle, une tour d’ivoire

Même sens dessus dessous

Trop précieuse est votre Histoire

Qui ne s’est brûlé les ailes

À trop vouloir sauver l’autre ?

La raison était si belle mais

Point de martyr, point d’apôtre

 

Chacun donne ses conditions

Pour ne pas vivre la guerre

Se protège cherche le bon

Se plie aux bonnes manières

 

Évacuer la pression

Accuser le mauvais sort

Perdre et retrouver la raison

Renouveler ses efforts

 

Je trouve en chacun de vous

Une perle, une tour d’ivoire

Même sens dessus dessous

Trop précieuse est votre Histoire

Qui ne s’est brûlé les ailes

À trop vouloir sauver l’autre ?

La raison était si belle mais

Point de martyr, point d’apôtre

 

J’aime attraper le frisson

Qui caresse mon échine

À l’écoute du sermon

Qui défend de toucher l’épine

 

La corolle, le bouton

De la fleur meurtrie par l’orage

Sont autant de bonnes raisons

De laisser le temps à l’ouvrage

 

Je trouve en chacun de vous

Une perle, une tour d’ivoire

Même sens dessus dessous

Trop précieuse est votre Histoire

Qui ne s’est brûlé les ailes

À trop vouloir sauver l’autre ?

La raison était si belle mais

Point de martyr, point d’apôtre.

Paroles et musique : Mathilde Caillard, tous droits réservés

Son blog :

https://mathildecaillard.wordpress.com/

 

Vertige du monde

Vertige du monde


vertige du monde

Photographie : Boris Sentenac, tous droits réservés

Tutoyant la montagne qui se dresse devant elle,

Protégée comme un secret par celle qui l’accueille,

Comme pour être en cet endroit sans s’imposer,

Disant l’espérance des hommes dans son vestige,

Fière et droite dans son histoire et pour autant

Ici sans excès, elle indique à qui la cherche

Et à qui la voit, figé tandis qu’on la croise

Tout ce qui ne se dit pas : ce qui est possible

Face à l’élan ressemblant à l’aboutissement

Des rêves de chacun faisant vertige du monde.

Un nuage

Un nuage


nuage

Photographie : Boris Sentenac,

tous droits réservés

Au travers du regard,

La couverture de rêve

Recouvre la nourricière

Et en silence les heures

S’écoulent quand apparait

Tel un chant léger

En surprise trop contenue pour tous

Un nuage chargé de son voyage.

Happy Face (Ibrahim Maalouf)


Bonjour à tous,

 

Aujourd’hui, 23 octobre 2019, c’est le jour de la sortie du clip d’Ibrahim Maalouf avec son titre Happy Face. Clip dans lequel j’apparais (furtivement).

Bon sourire 🙂

Mon éternel

Mon éternel


Mon éternel

Photographie : Boris Sentenac,

tous droits réservés

Les montagnes ne s’endorment pas. Le soleil conclut la conversation puis pareils aux hommes, elles revêtent leur couverture de nuit.Commencent les brèves des étoiles avec les clochettes de quelques troupeaux qui endorment sur les songes enfouis, l’oeil des terres. Sans parole, je respire mes rêves comme pour bâtir mon éternel.

Déchirure

Déchirure


Déchirure

Photographie : Déchirure, Boris Sentenac. Tous droits réservés.

Tandis que la nuit a déchiré le ciel d’hier sans qu’aucun tison d’étoile ne soit tombé sur les rêves,

Au matin, le soleil inspecte le raccommodage du nuage d’un voyageur en transit fondu en un mystère vers son éclat.

D’un bord à l’autre, de là-bas vers ailleurs, ici à l’heure répétant les souvenirs aux espoirs, au réveil en savoir encore doux et déjà en naissance d’ardeur certaine,

Sur les toitures encore endormies, comme apaisées par les tiges en joue vers l’invisible et pourtant épuisées chaque soir par leur lutte écrasante contre la saison, l’astre ponctue de sa majuscule le contrat quotidien signé de fil blanc.

Plus haut, portés par le vent et indifférents à leurs cieux, comme nous sommes portés par le monde indifférent à nos yeux, quelques mots dérisoires se chargent de lumière éclaboussant leurs larmes en devenir.

L’instant se lit pour faire sens comme on ne devine que l’essentiel silence, que l’on fuit sur les mots futiles que l’on ordonne envahissant, et que l’on sait pourtant.

Trait d’ombre

Trait d’ombre


Dessin d’Anne Saddavong, droits réservés

L’humeur charbonnée gratte le grain du papier plus blanc que l’éclat du jour tandis que la brise caresse le visage éclairé, plus statique encore que la lumière qui joue avec l’ombre.

Tout se dit dans le silence du geste qui fige l’instant en se faisant horloge. Le trait ponctue en virgule loin de tout sens faisant marche forcée de la phrase du jour.

le silence est un trait sur la nuance d’un poème.

Haut hasard


photo de william 1

Photographie : William Trang, tous droits réservés

Du hasard, il reste le souvenir argenté du bord de mer. Je ne sais le temps à passer, à peine commencé, à le contempler, je ne sais la distance des regards vers la lune devenue aveugle, je ne sais le temps compté depuis notre horizon par les vagues de l’horizon.

Deux prétendants s’enfoncent au loin vers les flots et je ne sais s’ils murmurent une seule promesse sincère de hasard en force vague ou s’ils se disent les mots de mensonges pour ombre à l’empreinte éclairée des jours comptés.

Hasard, hagard ou bazar, peu importe que le vent emporte et rapporte des consonnes et du sens aux deux prétendants qui s’enfoncent au loin vers les flots, derrière la rambarde du réel : l’horizon est un rêve toujours beaucoup trop haut.

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De cette série :

1- D’un hasard https://borissentenac.wordpress.com/2019/09/03/hasard/

2- Hasardeux https://borissentenac.wordpress.com/2019/09/05/hasardeux/

Hasardeux


photo de William 2

Photographie : William Trang, tous droits réservés

De la bouteille verte comme venue de la mer, s’est répandue la nuit tel népenthès de l’instant sur la balustrade qui reçoit la force muette et suffisante promise par le ventre rond de la lune aux regards sur l’horizon.

Reflet d’hier et de demain ayant bu les étoiles et évoquant le réel, elle absorbe les rêves à mesure qu’ils s’éventent depuis les regards muets de satisfaction en son gouffre vertigineux.

Chaque parole est murmure de chaleur faisant bulle légère sur la fraîcheur de l’heure devenue statique comme pour laisser aux corps comme au temps le soin d’être vagues.

L’obscur n’a de sens hasardeux que tels les secrets évidents du point de craie en souvenir de maintenant, définitivement ponctués avant d’être déchirés par l’instant des paupières.

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De cette série :

1- D’un hasard https://borissentenac.wordpress.com/2019/09/03/hasard/

2- Hasardeux

3- Haut hasard https://borissentenac.wordpress.com/2019/09/08/du-hasard/

D’un hasard


photo de William 3

Photographie : William Trang, tous droits réservés.

Plus personne ne parle de la virginité des plages.

Nul ne sait combien de vagues ont étalé leur écume tel résidu des promesses de l’horizon que l’on convoite.

Nul ne l’approche sauf le soleil qui fait drap de l’origine qui n’a de cesse de se retirer à chaque fois qu’elle offre de son trésor.

L’exceptionnel est banal et soudain l’amour découpe une part infime de l’immensité, et le jour dévore alors les couleurs qui ne le regardent pas.

L’ardeur appelle et les vagues, sans rien changer à chacune de leurs phrases, envahissent d’évidence chaque trace de pas pourtant insondable sur le sable fossile et brulant.

Le ressac appelle en se retirant.

Il est frontière entre une mémoire de pas qui s’oublient et la découverte de ceux à suivre qui là, restent inscrits dans le vernis du retrait des mousses blanches de caresses.

La place est faite dans l’ignorance qui mise sur la certitude qu’expriment les seules ombres possibles et qui ne peuvent pour être nues que disparaître dès lors que le premier sourire saluera plus que l’instant.

Les nuages sont encore les seuls mots diffus qui, entre éclat enthousiaste et contre-jours de doutes, ne font pourtant sens que sur le divin sans que cela importe désormais.

Le soleil, lui aussi, va s’effacer en pudeur pour faire un lit de silence aux timides paroles naissantes qui vont glisser dans la force de secondes éternelles que la mer commence à compter.

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De cette série :

1- D’un hasard

2- Hasardeux https://borissentenac.wordpress.com/2019/09/05/hasardeux/

3- Haut hasard https://borissentenac.wordpress.com/2019/09/08/du-hasard/

Montagnes des hommes


Montagnes Marion Gay

Photographie : Marion Gay, tous droits réservés

Face aux montagnes, fruits des batailles des terres,

Je vois qu’elles n’ont pas le vertige des remparts

Des gloires d’un monde qui suspendent le temps.

La lumière sur les poussières étouffantes

Couvrant l’or des hommes est incertain langage

Tandis que la voix du vent érode en écho

L’éternité imposée en sens endormi.

Dans le village, qui a lui aussi le temps

Sans en avoir jamais à perdre pour autant

Sous les flèches de toits, ce qui ne se dit se vit

Et le rempart de l’horizon se franchit.

Demain existe en chaque jour invisible.

Retour involontaire


RETOUR INVOLONTAIRE

Photographies : Boris Sentenac, tous droits réservés

Il reste le vent qui agrippe les sapins. Il rappelle ses mots soufflés sur la cité des mers. Il rappelle le ressac, ici figé sans temps de mémoire et pourtant…

 

Les papillons, comme poème dérobé, tourbillonnent en ardeur fragile et insouciante. Leur repos se fait sur l’offrande d’une fleur avant de s’envoler comme pour éviter l’obstacle que je fais à sa lumière.

 

Figée sur les herbes sèches qui préfèrent l’espérance de l’éternité en leur terre plutôt que de partir avec la certitude du souffle, par ce tapis, mon ombre apparait ridée.

 

La chevelure rase du lieu semble gardienne fatiguée des secrets enfouis qui, plus loin, regardent de leur œil le ciel en absorbant son rêve en vocabulaire scintillant d’une luxure noyée.

 

Au loin, se dresse l’élan des terres qui observait le nôtre. Comme éternel, n’ayant que l’oubli des quelques heures autrefois partagées avec lui et impassible à notre devenir gâché, il semble discuter avec les sommets voisins.

 

De nous il reste la couleur du deuil, celle qui dit le dernier espoir que l’on se veut chacun pour soi et qui orne ici devant la montagne en rideau piquant de chardons enracinés dans leur sécheresse à venir.

 

Et pourtant… Je souris au vent, à l’élan des terres, aux papillons, aux herbes et au prairies infranchissables en savourant la chance de nos sourires d’aujourd’hui.

Retour


Photographie : Boris Sentenac,

tous droits reservés

J’avais juré que je n’y vivrai jamais. Et pourtant…

Mes réminiscences de lumières qui étincelaient depuis mon regard croisant le sien sont éteintes. Le vide habite la ville et n’en fait que vestige.

La bibliothèque de poésie que nous mariions à notre raison d’être pour plein bonheur n’est plus qu’une espérance déchue.

Depuis le port, le mystère de la mer est sans reflet et du haut de sa colline, la basilique a vieilli comme la voix éteinte de nos vœux. Tandis que j’étais la vague qui venait à toi, tu étais celle qui retournait au large. Il n’est pourtant qu’une vague qui s’étend sur son espoir de voyage. Aujourd’hui, même les mouettes sont muettes, le soleil est à d’autres.

Les collines qui s’étendaient derrière notre quartier, devant notre fenêtre, gorgées de leurs mystères, de leurs histoires, ne sont plus qu’aussi chauves que mes souvenirs fossiles. Et leurs pousses basses ne sont que l’ombre d’elles – mêmes.

Notre sanctuaire est tel le postier au sourire bancale : à peine blanc sous ses taches, fatigué et usé comme ses blagues et dont nous nous moquions, certains de ne jamais nous infliger crime de solitude.

Et pourtant, la ville ne semble plus avoir qu’elle – même pour idéal telle femme en lits de rivière sèche. Tu l’avais pleuré au terme de notre dernière visite. Aujourd’hui, l’oubli fait étranger celui qui revient. Tout parait petit tant nous le sommes devenus.

Sur les terrasses des places, il n’est plus de poèmes d’effrois ou de dessein d’avenir. Sur une autre, le serveur des patiences de nos lessives n’offre plus son bonjour et la patronne élancée telle force rigide de branches coiffées de feuilles de nuit n’offre plus sa franchise de larmes et de colères.

Ailleurs nous étions soleil sucré tel le Limoncello que nous recevions pour nos bonsoirs et quelques mots de quartier dans ce bistrot qui regardait l’escalier de tous les départs, comme sa gérante nous racontait la mort de son espoir de mère par le suicide de son avenir en chair. Telle la reconnaissance de son serveur à mon égard, lui étant resté figé dans son quotidien et qui s’étonne du temps passé, tout est obsolète.

La gare ne nous donne plus son bonjour et étire son adieu vers mon retour. Son piano n’est plus en offrande de joie.

Et je passe mon chemin en croisant la rue de nos sourires que nous avons dévorés lorsqu’au soir je t’offrais ta gourmandise d’orgeat pour agrémenter nos heures affamées de bonheur.

La ville n’a plus de sens jusque dans son silence et je ne sais plus quoi lui dire, pas même ma peine ni ma honte. Mon amour brulé s’étouffe de ses cendres sans éteindre l’ardeur sous leurs ombres comme s’il fallait se protéger de la lumière et s’interdire la nôtre. Il ne reste que le vent qui emporte tout sauf la vie à qui il souffle la mort.

J’avais juré que je n’y vivrai jamais et pourtant… Au terme de cette promenade où j’ai croisé tant de fantômes, à l’heure où d’improbables nuages vont s’effondrer, comme nous, et ne vont rien laver, comme nous, je sais bien maintenant qu’il ne faut jurer de rien. Et parce que dire revient à faire vivre, mes seuls mots sont que je t’aime encore.

Du poème


Sur la lumière de papier,

L’instant en encre s’écoule.

 

L’éclat statique prend sens

En ombres fines de mots.

 

En pas de chat, ton regard

Ouvre le temps au hasard.

 

Le poète en traducteur

N’est libre que du poème.

Guitare


Guitare

Photo : Mathile Caillard (droits réservés)

Tes doigts liés aux cordes font chant de soleil. Et bien que la pluie se veut déjà le tempo rapide de mes pas, Ma mémoire de ce bonjour furtif et silencieux offert qu’à ta porte aveugle comme un secret dévoilé, éclairera, mieux que le ciel, la journée telle la quiétude de ta fenêtre qui se garde des mauvais vents en offrant ta sincérité simple sur le monde.

Fenêtre (poème)


L’origine est toujours opaque.
Elle est savoir en secret.

Tu t’élèves de toutes tes branches
Et tu t’appuies sur la transparence
Du regard sur le monde,
Pour finir abouti du haut de tes tiges
Qui aiment la caresse de la brise
Sans plus jamais donner de fruits.
Le feuillage se nourrit au sommet
De lumière que tu renvoies
En étincelle d’iris.

Ainsi nait l’ombre qui t’habille
Ecrasé sur la fenêtre,
Box de prévenu qui sait.

Tu as tout dit
De ce que tu as vu
Et c’est toi maintenant qui es vu.

Le monde est figé en murs et en fenêtres silencieuses
Et tu offres au jour ta vulnérabilité.
Que dit dieu en son regard de nuage scindé
Comme les battants de ta fenêtre ?

Tu finis comme lui
Vaporeux de toutes tes essences
Et ne reste que l’encre opaque
Qui sèche toujours très vite
L’ensemble de tes mots
A la lumière de ton désormais silence.

 

Des hauteurs


Photo Des Hauteurs

Photographie : Des hauteurs, Boris Sentenac, 2018 – Tous droits réservés

 

Réceptacle de poussière,
Les vents ne gonfleront rien de la façade lisse,
Ne feront aucune farine.
Même en clocher arrogant et muet
Aux vitres sombres de foi
Qui s’élèvent vers l’inaccessible ciel
Et lance son regard aux alentours
De toutes les fenêtres,
Qui, même au sein de leurs murs,
Retiennent leurs témoignages
De rires et de larmes sans écho,
Comme ce clocher arrogant et muet
Qui ne s’élève en témoin que des reflets.
En dépit de la différence de leurs natures,
Les silences ont tout de secret
Et rien de mystérieux.
Parlant tous de la réussite
Des vitres terreuses,
Toutes les lucarnes de tous les murs
Les regardent en murmurant à peine
Tous les échecs.

Souvenirs à vendre


La patience de l’hiver s’étirait depuis les cheminées et s’étendait dans les rues et dans ma mémoire en devenir.

Il n’y a plus de feu dans le foyer et les maisons se parlent dans un langage d’abandon depuis leurs fenêtres.

Certaines scrutent la rue avec leurs vitres dans la cataracte de poussière à l’âge figé d’une vieille et de vestiges d’araignées qui, comme elle, ont cessé d’y tisser leurs ouvrages.

D’autres crient « A VENDRE » en ultime langage d’un temps parti rouler ses « rrr » dans le repos du cimetière.

Dès lors, le souvenir des rues échappe à mon langage d’une patience éteinte et s’étend en odeur transparente dans ma mémoire figée.

LumièreS


La nuit dévore la lumière.
Le jour est un oubli
Comme une erreur,
Un secret de la transparence
Qui se dit en mensonge,
Involontaire et admis,
Créant la confiance
Sur le monde,
Mieux qu’un réverbère,
Et les dieux dans les cieux
Obscurs comme la nuit.

Anniversaire du blog


Bonjour à tous,

Aujourd’hui, le blog à 5 ans. Si au départ je voulais tester les réactions face aux poèmes que je propose, c’est devenu depuis déjà longtemps un support qui va au delà. En effet, vous êtes de plus en plus nombreux à fréquenter ce blog. Parfois, « d’anciens » poèmes sont lus. J’imagine qu’il y a une curiosité qui dépasse le hasard de la rencontre. Certains dès la parution attirent beaucoup de monde et d’autres encore continuent toujours d’être fréquentés. D’une expérience d’un instant, le blog me permet d’être dans l’expérience de votre lecture. Je vous en remercie chaleureusement. Tous, réguliers ou non.

 

De ces tranches de vie, je tente de les traduire dans « le sens des sens comme essence de l’être », parfois accompagnées d’une illustration, et je pense notamment aux photos de Jean – Michel Melat – Couhet et de Margot Roisin, parfois en écho en thème commun toujours avec ma chère Margot (si vous ne les connaissez pas encore, sans oublier de revenir 😉 cliquez sur leur nom pour les découvrir). Aujourd’hui, je vous propose de lire ou relire certains de mes poèmes qui apparemment vous ont le plus marqué. En vers (réguliers ou non), en prose, en calligramme et même en vidéo. Cliquez sur les liens ci dessous pour les découvrir ou les redécouvrir. Je vous les présente (hormis pour les calligrammes et la vidéo) par ordre croissant de visites.

 

Encore merci pour votre accueil et bonne lecture !

 

Fille verte

https://borissentenac.wordpress.com/2013/08/28/598/

 

Regard de l’espoir

https://borissentenac.wordpress.com/2017/01/08/regard-de-lespoir/

 

Matin 2

https://borissentenac.wordpress.com/2016/09/29/matinee-2/

 

Fiançailles

https://borissentenac.wordpress.com/2016/08/30/fiancailles/

 

Ferme les yeux

https://borissentenac.wordpress.com/2013/04/06/ferme-les-yeux/

 

Visage du rêve (1)

https://borissentenac.wordpress.com/2015/08/26/visage-du-reve-1/

 

Paresse de l’espoir

https://borissentenac.wordpress.com/2013/08/17/paresse-de-lespoir/

 

Ta vie

https://borissentenac.wordpress.com/2016/04/19/ta-vie/

 

De tes prières

https://borissentenac.wordpress.com/2016/10/13/de-tes-prieres/

 

De l’ombre d’un nuage

https://borissentenac.wordpress.com/2016/09/04/de-lombre-dun-nuage/

 

Parle moi

https://borissentenac.wordpress.com/2013/07/01/parle-moi/

 

Calligrammes :

Evoir 4

https://borissentenac.wordpress.com/2016/05/29/evoir-4/

 

Evoir 6

https://borissentenac.wordpress.com/2016/06/12/evoir-6/

 

Vidéos :

Souffle d’une prière

https://borissentenac.wordpress.com/2017/09/25/souffle-dune-priere/

Barbara

https://wp.me/p360i2-Ol

Aime moi

https://borissentenac.wordpress.com/2018/01/06/3163/

Barbara l’exposition, les derniers jours


Très bonne exposition. On se promène entre photos, manuscrits et vidéos au travers de sa vie, de l’errance pour la fuite des huissiers durant son enfance, et de l’errance pour fuir la guerre et jusqu’à l’éclatement familial, à sa vie de nomade en tant qu’artiste. On entre dans sa vie sans violer l’intime. On évolue dans l’exposition en suivant l’évolution de sa carrière par de petites salles et des couloirs puis on arrive à la consécration dans une grande salle avec une scène sur laquelle il y a son piano, son tabouret et une vidéo de son concert à Pantin. L’émotion se libère dans l’espace alors offert. On s’installe avec le public de la vidéo et on chante « dis quand reviendras -tu ? ». Quelques larmes pudiques perlent sur certaines joues. Dans la même salle on pénètre dans l’univers de Precy. Encore quelques salles qui gravitent. Des vidéos avec Brel pour Franz partagées avec des séquences avec Nougaro et Hallyday. L’histoire de l’aigle noir, les concerts dans les prisons pour femmes, les toutes dernières années avec la fin des concerts pour cause de voix usée et enfin la une de Libération datée du 26 novembre 1997. L’exposition est variée et fournie, respectueuse de l’artiste mais aussi du visiteur dans la forme et la distribution des pièces et l’alternance des supports qui sollicitent sans éclabousser Barbara et sans étouffer le visiteur. A faire absolument et gratuite pour les personnes ayant pour 1er prénom Barbara.
A la philarmonie de Paris jusqu’au 28 janvier 2018