Larme de rose


Au matin quand le silence ne sait si la louange de l’heure est déjà chaude ou encore froide, le temps à cet unique instant se fige et la terre timidement donne ses vapeurs tandis que le ciel n’ose encore les saisir.

 

Chaque jour commençant est le règne de l’ignorance fugace comme la vie, éternelle comme jamais aucune de ses empreintes. Le soleil en seule horloge s’élève pour faire de sa couleur la lumière pour la naissance des ombres et la brûlure des blés. La vie se fait avec la mort.

 

Le matin : un instant figé comme la mort, nous parle du nécessaire de la vie. De l’éternité mélangée au chaos comme pour défaire le néant qui guette. Et parce que l’on sait l’horizon aveugle du cyprès, horizon de murs pudiques ou horizon de l’éternité à la grille lourde et grinçante comme une insulte envers le silence, il ne se dit aucun mot.

 

Et puis soudain se fichant de la volonté des hommes, du ciel et de la terre, du haut de sa tige d’épines cohérentes à son caractère et paradoxales à sa beauté, sur sa robe froissée de rêves, se destinant à rattraper la pente du temps, perle une larme de rose.
Dans le même thème, découvrez le poème de Margot Roisin :
https://versantares.wordpress.com/2017/08/04/rose-rouge/

Galet


Quelle traversée passée a endormi

Les galets étalés à ciel ouvert,

Vernis de caresses salées de vie,

Sitôt séchés par le phare du savoir

Qui occulte, brûlant tel le divin,

Tous les voyages des murmures de la nuit ?

 

Quel périple manqué a sacrifié

Les galets pétrifiés d’éternité

Que la main des mers ne cesse de polir

Comme effaçant les fissures ancestrales

En s’étalant en unique parole

Sur le voyage du silence de la nuit ?

 

Se jetant à l’abordage du chaos,

Le long souffle de l’horizon s’écrase

Sur le haut mur griffé de ses gifles

En criant l’effroi des rêves des galets

Ressemblant à la vie en la matière,

Transparents comme la patience de la mort.

 

Sur les innombrables cailloux, s’écoule

En son heure, comme les larmes sur les joues,

La pluie : remède de toutes brûlures

Et mon regard voyage à l’origine

De ses substances comme des riens qui font tout

Sachant qu’à mon tour je serai galet.

Cycle


De deux étrangers

Qui n’avaient de cesse

De trop t’imager,

De leur népenthès,

 

Dans leur espérance,

Comme un voyageur,

Tu offres  silence

De toutes tes heures.

 

De l’eau et du ciel

Enfant de naguère

Vers l’éclat tel miel

Tu t’envoles des terres.

 

Te voici nuage

Couverture des cris

Libéré des âges,

Et l’escroquerie

 

Du profond souffle,

Par eux expirés,

N’est que mistoufle

Dès lors méprisée.

 

Pourtant à jamais

De mer vers lumière

Le mois de mai

Se souvient d’hier.

 

Vers des terres nouvelles

En couloir des vents

Tu pars blanche et belle

En espoir fervent

 

Pour alors donner

En larmes de vie

L’enfant des années

Des chants des envies.

 

Ancre de tes pages,

A ton tour deviens

Mère de ton ouvrage

Et lit des étoiles.

Chemin de vie


Photographie : Jean – Michel MELAT – COUHET, tous droits réservés.

 

D’un néant à un autre,
Tes souvenirs et tes projections
Accrochés à ton chemin,
Incrustés sur la cavité de ton temps
Reflétant la lumière aveuglante
Ainsi mystère parlant bonheur
Pour te séduire et te faire voyageur,
Tu ne sais vers quoi tu vas,
Tu ne sais que ce que tu crois.

 

Découvrez le regard de Jean – Michel Melat – couhet :

http://www.j2mc-photographie.fr/

L’écho de ta vie


Au cœur de la cité,

Comme si l’hiver était l’été,

Le rire excessif d’une jeune fille

S’envole avec son âge en souvenir.

 

S’inscrivant dans l’expression

De la fondation  d’un nouveau monde,

Il part dans le silence pour s’unir 

Avec toutes les jeunesses même passées. 

 

Il est comme certitude de mimosa

Qui parle en avance

Du devenir de la belle saison

Avant que ne s’endorment ses couleurs et ses parfums.

 

Deviendra -t- il comme la fumée ?

Grise pour n’être que vieille couleur passée,

Piquante comme poison pour larmes,

Et d’emblée trop légère pour être retenue.

 

N’oublie pas ton rire jeune fille,

Et sans l’envoyer dans la transparence

De convenances soumises plutôt qu’à soumettre,

Fais en l’écho assagi de tous les mots de ta vie !

Ta vie


Photographie : Jean - Michel Melat - Couhet (droits réservés)

Photographie : J2MC (droits réservés)

 

Quel passé a fait le chemin de ton regard ?

Les certitudes sont tracées en promesses comme langage de mode d’emploi. Ta vie était déjà un produit sans garantie.

 

Quel présent t’étale comme brouillard dans tous les regards ?

La contrainte dissipe ton essence en expérience de laboratoire des rues. Militaire des idées à l’arme de mots affûtés, par la fable d’un ordre passé ta vie tente de s’échapper de l’ordre qui a toujours été.

 

Quel avenir à pulvériser regardes tu ?

Piquant, étouffant, le nuage du chemin est la barrière des chants. Ta vie devra être imposée comme bourdonnements incessants de bavardages sans cri ni silence.