Regard étoilé


Loin de son regard, derrière les murs de lâcheté et de trésors à bonne heure, bourdonne la moquerie sur celui qui, la nuit, marche le nez en l’air.

 

Au dehors, la faiblesse pousse à se taire et écrase les regards de tous vers leur destinée finale. Ils sont illuminés, blafards comme aveuglément blasés, par les éclats outranciers des villes faisant chants de sirènes.

 

La croyance en l’abondance a façonné le progrès en langage d’avenir. Au présent, confondant le plaisir avec le bonheur comme ébloui par les couleurs aguicheuses, l’opulence se dit avec le manque.

 

N’ayant que faire des moqueries lumineuses, celui qui a le nez en l’air ne s’enrhume pas de rêves. Il lit le silence noble de l’espoir et respire la vie.

 

Quant aux autres, savent – ils déchiffrer les étoiles comme ils savent lire les enseignes ? Et, durant un instant, furtivement, enfin seuls, comme un peu honteux de n’être que d’un monde et délaissant alors les tubes des voix dictées, pourquoi certains parmi ceux – là s’offrent – ils, en suivant la voie lactée du regard, une larme en guise d’étoile filante ?

Publicités

Quand soudain…


Tandis que la place s’étale dans un bruit diffus, le temps se fige par la lumière de ton regard habillé par la malice de ton sourire à faire blêmir celui de la nuit. Il n’est plus d’autre étoile dans mon souffle saccadé, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur de ta caresse.

Quand soudain…

Le silence prend sens. Nous errons depuis quelques mots d’inconnus médusés dans l’étonnement qui se refuse  à sa raison. Il se répète comme pour revenir sur une erreur.

Quand soudain…

Certain du langage, la colère reprend le silence. Son souffle léger s’envole, irrattrapable comme un enfant qui court avec le rire de toutes les émotions. Tristesse, colère et peur se mélangent avec la joie encore vivace de l’instant d’avant.

Quand soudain…

Notre essentiel naissant devient malgré nous indécent. La joie est morte : fusillée loin de là. Il n’y a plus de lieux, plus de couleurs. Les larmes sont encore en caverne tandis que le soleil pétillant de nos verres n’a plus d’inclination dans ses messages de toute soif.

Quand soudain…

Le premier temps d’un amour qui s’avoue éclate avec l’écho des canons sans aucune raison tandis que d’autres, voilés par la folie, meurtriers et ignorants de la lumière de ces instants, se font exploser pour des idées aspergeant sur notre idylle comme sur leurs victimes une mort pour rien.

Quand soudain…

Il n’est plus d’autre étoile dans le souffle saccadé du monde, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur du chaos.