Cauchemar (poème)


Il arrive

 

Silencieux comme un secret

Bavard comme un mensonge,

Il rampe comme l’ignorance

Avec son suicide pour envie.

 

Il s’installe

 

Muet comme l’éternité

Il murmure avec la voix du temps

Qui s’envole comme fil coupé

Avec ses ciseaux pour mot

 

Il est là

 

Insonore comme son regard d’éclair

Il crie ses saillies précipitées

Qui étouffe ton sommeil

Avec ta panique pour éveil

 

Il est en toi, juste là où il était déjà.

Sur le lien ci-dessous, découvrez ou redécouvrez le film « Cauchemar  » avec, après « BAL-HAINE », la deuxième participation de Marion Gay pour la musique.

Cauchemar


Toutes les émotions sont à vivre… Elles ont leurs origines propres.

Avec la participation de Marion Gay pour la musique, voici le dernier court-métrage (1min29) « Cauchemar ».

La colline d’en face


Un nuage de réverbères s’étale
Et écoule la pluie de ses lumières
De son fleuve de nuage sans lit
Remontant, tels les draps saisis du lit
Pour parer au cauchemar, la colline
Fuyant en vapeur sa ponctuation
Laissée coulante au long du caniveau
Comme nous tous fuyons vainement la mort

*

Pour suivre:

https://www.bing.com/videos/search?q=black+star+bowie&&view=detail&mid=7FCBA0BEC6863A17E0687FCBA0BEC6863A17E068&&FORM=VDRVRV

Boucle


L’homme nouveau sur terre ancienne

Ne parle que de son nuage.

Le pouvoir façonne les rêves

Sans jamais construire le sien.

 

La terre ancienne à l’homme nouveau

Parle de ses ors offerts puis repris sur ses mers.

Les rêves façonnent un temps

Sans jamais reconstruire le sien.

 

Les rêves sont les étoiles

Dont on ne devine l’ardeur.

Elles façonnent l’espoir sur leur lit noir

Sans jamais faire taire le cauchemar.

Cauchemar sur unirêves (comme paroles entendues)


Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

 

Le cauchemar, par son eau vaporeuse qui s’est voulue absolue dans le don de la vie, tente de noyer la lumière qui me sourit en rêve.

 

Le rêve est ce langage de tout parlant de la profondeur de l’être à faire rougir l’horizon des mers.

 

Ce cauchemar, en altitude vagabonde, se fait maître de l’ombre tandis qu’il oubli qu’il n’est que sujet du vent indomptable.

 

Rugir face à la surdité des nuages, qui se fait absurdité, ferait reflet de folie dans les regards. Le déni, pour ne voir que le bonheur toujours présent même caché sous l’obscure parole qui s’en fait manteau, serait mentir. Que dire du parti pris ?

 

Mon regard a donc fait son choix. Sans regret et bien loin de toute naïveté, en connaissance des mensonges, des non dits, j’admets le bonheur, même secret, de chacun et c’est aussi ainsi que je ne reviendrai pas sur le mien.

 

Le ciel n’est pas une trahison. Il n’est pas non plus à justifier tant il est naturel sauf dans le regard étriqué de l’être réduit à la pensée. Pourtant, chacun peut se rendre compte que le sens d’une phrase ne se fait pas qu’en mots. Interchangeables, ils ne trahissent jamais le sens de l’être dans sa phrase et ses maux. Et puis, on sait que pour tous, le sens se fait aussi par les sens…

 

Aussi visible que le silence, sans jamais me renier, en attendant la fin des sécheresses et l’évaporation des mauvaises soifs, vivant pleinement mon bonheur au même titre que chacun vis à vis du sien, je reste tendu vers les messages de toutes les étoiles.

Monde à venir


Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

 

Phares endormis d’un temps de mémoire dans un océan du temps aveugle de lumière, l’éclat en silence habille en ombre la flèche s’étirant vers les étoiles invisibles.

 

Sur la lumière se dessine l’hiver où à chaque extrémité se disent toutes les promesses en solitude froide.

 

Le rempart des fenêtres, chacune unique pour le même reflet, fait secret les regards comme autant de vérités qui s’unissent dans le même mensonge, décrié mais consenti, de la cité.

 

Espoir perdu de bâtisseurs, on accuse le temps d’en être le voleur pour continuer la persuasion de la raison.

 

Océan du temps aveugle de lumière sur phares endormis d’un temps de cauchemar à venir, l’éclat en tintement n’habille qu’en nombre l’indice s’écrasant sur nos larmes d’étoiles.