Rêves


Combien de larmes d’étoiles se sont écoulées pour que naisse le rêve des terres qui, en chaque vague, enfante vers les cieux ?

Et tandis que la terre craque sous le mensonge de la neige, la mer n’a que faire de la poudre blanche des paroles de ses fils qui l’accompagnent.

Elle étale tous les spermes inutiles de ses mystères sur la plage où je n’entends que l’éternité de la fin de son propre rêve, tandis que désormais dans l’infini, scintillent les étoiles.

La mer (Margot Roisin, Boris Sentenac)


Elle s’élance, les bras ballants, dans son mystère
Haussant ses mille et une épaules saillantes
Pour se parer d’éclats de soleil.

Elle étale, sur son ventre danseur,
L’huile et l’or bourdonnants
Pour cacher son nombril en coquille.

Clins d’œil, lents balanciers de cette fragile paupière
Qui sans fin, s’ouvre et se referme, aguiche les mots :
Elle prend ce qu’elle ne rendra jamais qu’à la nuit.

Elle me rappelle, en langage secret,

Aux mensonges des hommes.

Discours de la mer


Piverts comme colère sur cercueil
Qui s’acharne comme la si belle mer
Qui vide son sac en ressac
Sur l’origine en orgie
Sans le sang de cent sens
Et encense le silence.

Bave ardente
De bavardages
Bardés des âges
Déliée des interdits,
Interstices des âges perdus
Que ton père dut défaire
Aux fers d’essence de ses sens.
Toujours pour tous,
Un jour pour tous les jours
Jusqu’aux tiens que tu détiens
Et que tes vagues
Tentent d’éteindre en étreintes.
Des tests comme le monde
Que tu détestes :
Tu dis ce que tu défais et te dédies
En déni des faits.

Rappel vivant à l’ultime


Ce matin, loin des océans, une mer de silence, blanche et froide comme la mort s’est étalée sous ma lucarne.

Quelques oiseaux y ont laissé leurs empreintes chantantes noires et chaudes comme des étoiles, rassurant mon regard.

Souffle d’une prière (poème)


Voici donc le texte de la vidéo de ce poème que je vous ai proposé il y a quelques jours. Bonne lecture.

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Et tandis que le graisseur de moteur hante toujours de son heure furtive l’ardeur que tu sais sur celle que j’imagine,

 

Tandis que le souvenir de ses vagues ne sera jamais l’éternité des mers, sa promesse de voyage n’embarque jamais aucun mot fort pour les temps à venir,

 

L’horizon est ici : sur ses vagues qui se remuent comme hier ses fesses effleurées par une lumière silencieuse, son cargo de patience part pour ailleurs mais ne ramènera rien des nuages qu’il va croiser.

 

Il reste tel le mystère des mers, comme la page essentielle à l’encre qui ondoie vers la profondeur de ses mots mais qui s’envole dans le silence de l’écrit, comme la retenue de la caresse qui n’a de sens qu’en mots de toutes les absences trop légères et qu’un bâtiment de fer ne fait qu’excuse au graisseur de moteur.

 

Mer qui regarde les étoiles dans son sommeil perdu, sans jamais entendre autre langage que le voyageur à l’horizon d’une jeunesse de découverte déjà assouvie, prise dans tous les vents, jamais dans aucun courant, tu sais la hauteur des falaises, l’abondance du mariage de ta terre et de la lumière.

 

Les étoiles filantes ont le destin tragique des cadavres et ce qu’il en reste se noie perdu dans l’étendue du voyage qui ne mène que vers jouissances de marins.

 

Le souvenir du sable, couleur de sa peau, s’est envolé comme poussière par la brise transparente de sa raison pour tous ses sens, tandis qu’elle porte ton chant, au-delà des plus lointains bateaux, au-delà des veilleuses de tous les songes.

 

Dès lors, les sirènes meurent de ton sommeil, de ta négligence d’insomnie qui jette la couverture promise de l’horizon de la mer et qui s’éveille sur les mots couleur crasse de moteur. La mer n’est que le reflet du ciel et le ciel n’est que le mensonge de la lumière.

 

La plage comme frontière t’a dit, sans rien dévoiler des mystères des flots qui semblent offrir de leur dentelle en s’étalant sur la terre, que l’origine s’épanchait sur le devenir sans jamais, que par toi-même, rien y faire.

 

De ses mots, dévoreurs de l’aube invisible des lointains horizons, ne reste qu’un souvenir vague de vagues originelles de ce marin sans phare, et l’imperfection de ta mémoire quant à ces instants n’est qu’étincelle ratée.

 

Comme chacun largue ses amarres, chacun choisit son port.

 

Ainsi mon amour, la conjugaison de notre poème se fera dès lors au pluriel de nos regards qui glissent sur les flots et s’élèvent jusqu’à Antarès.

 

Car sinon il n’est pas, l’amour ne meurt pas de silence, de cris ou de chants de sirènes. Il nous élève comme le souffle d’une prière.
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Retrouvez la vidéo de ce poème en cliquant sur lien suivant :

https://borissentenac.wordpress.com/2017/09/25/souffle-dune-priere/

Et sur le même thème le poème de Margot Rosin :

http://wp.me/p4c7zc-a0

Riches de différences


Les vagues des mers

Sont paroles d’égalité

Désespoir des terres.

 

Nul voyage en mer

N’est oubli pour un espoir

Trop d’étoiles au ciel.

 

De mer en rivière

De solitude en amour

Les souvenirs naissent.

 

Avant le retour

Face aux vagues des mers

Paroles de nuances.

 

Des îles de montagnes

Sur paroles d’égalité

Tu rêves tes prairies.

 

Le diktat des flots

En mensonge de reflets d’or

L’horizon se tait.

 

Sauf s’il te réduit

Telles les vagues identiques

Tu aimes les écarts

 

Louable qu’aux lois

L’égalité est néant

Dire l’indifférence

 

Comme chacune des joies

Aucune larme n’est commune

Richesse de la vie.