Signe de l’éternel pourtant mourant


Tandis que l’hiver survole en son silence les terres de France jusqu’à la Normandie avant de s’effondrer sur le brouillard qui a déjà dévoilé l’horizon,

Le peuplier dépoussière comme il peut son ciel en bavardant avec la brise pendant que le cygne à son pied dessine son étang.

Tandis que chacun efface le silence en son lieu sans nom jusqu’à ses rêves avant de s’éveiller sur l’horizon qui a déjà dévoré le brouillard,

Le peuplier dépoussière comme il peut son ciel en bavardant avec la brise pendant que le cygne refait son dessin sur l’étang.

Publicités

De notre amie


A Céline,

 

Terrasse engourdie, place de la Sorbonne, de la vigne de la nuit, il reste un jus chaud dont l’univers de tasse blanche montre ses galaxies de mousse et de bulles comme autant de regards différents se liant.

Soudain, venant de loin, la brise me salue d’une caresse mesurée. La solitude par ses mots de silence, prend la parole du souvenir de ses sourires anisés des chaleureux crépuscules de Marseille d’où vient peut – être ce souffle.

L’instant solitaire de la distance n’est pas lame à couper la corde de l’horizon, il a l’âme du lien. Le bonheur n’a que les conditions qu’on lui donne.

Gravité de l’amour emporté au loin, il nous reste, à nous trois, la gravité de notre amitié gardée. Elles continuent de tournoyer à deux pour une et à une pour nous. Ma cuillère a fait taire la solitude furtive des heures obligées de la journée qui s’est noyée dans mon café avant de l’avoir bu. Il s’écoule maintenant, chargé de tous les instants sur l’univers de ma page blanche en mon poème.

Lis vers l’hiver


Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

 

Par quelles amarres, à quel port et de quelle époque s’accrochent les maisons injuriant la transparence du temps en couleurs comme timbre d’un cri de vie ?

 

Tourbillon de l’instant jetant sa force centrifuge sur les murs gardiens des mystères de chacun, en italique inversée, on devine les trésors jaunis des placards du fond des ombres.

 

Tandis que la brise de demain balaye la poussière dans la poubelle d’hier, jouant du ciel et d’un arbre éteint aux feuilles de plumes engourdies, la lune chante sur ces violons. Ces cordes de briques, de bois et de terre jouent en nostalgie.

 

Paradoxe du vent qui souffle dans l’oubli tout ce qui s’accroche sur les larmes qui font la survivance de tout ce qui est mort. En guise de réponse apaisante, c’est au crépuscule qu’on célèbre la lumière pauvre et froide en vernis et en pigments.

 

En robe de silence et de constance tel galet sans autre âge que celui de l’éternité, ton chien te suit en patience guidée par sa confiance sans condition et ne traite ainsi le temps qu’en sa présence.

 

Que regardes – tu dans l’invisible qui te fouette ? Crois – tu que la vie est toujours pour demain ?

Un fini


Photo : Margot Roisin, tous droits réservés

Photo : Margot Roisin, tous droits réservés

 Photo extraite du blog :

https://regardsdicietdailleurs.wordpress.com/

Il n’est d’adieu qu’au vent. Perceptible transparence, glaciale, brûlante, peu importe la chaleur du fouet puisqu’il prend le temps de tuer le temps.

Brise caressante empoisonnée, agonisante de silence, étouffée en dernières salves comme furie avant l’imminence d’un ange qui n’ose passer.

Larmes qui ne feront jamais noyade alternant avec la colère sur souvenirs s’envolant comme poussière pour rires d’enfant s’exclamant « encore ! » et faire de tes sourires vice de caprices.

Absolu explosant l’éclat des instants en dates figées de scintillements pales et de mensonges. Un fini sur lequel la poussière envolée en fait couche opaque et éternelle insensible et pourtant pareille au vent.

Eclat de nos jours


Sur le balcon de nos rêves qui s’endorment à la caresse de la jeune chaleur, les ombres s’accrochent encore comme sécheresse de nuit.

 

Un angélique sourire de désolation sur cet inutile aveugle se fait guise de croissant de lune sous l’éclat de tes yeux comme étoile de ton « bonjour ! »

 

Ma main accompagne alors la brise dans la fougue coiffée par l’oreiller et restée figée.

 

La richesse des heures endormies nous offre le temps du midi qui n’aura ni heure ni clocher. La spontanéité est l’innocence de la vérité.

 

La lumière est encore silence et, avant même d’entamer le tintamarre de la journée, se dépose sur l’oppression des méfiances sombres et condamnées, à la pointe du jour, l’éclat simple de nos jours.

Epines de rose


Larme matinale sur la rose piquante

Du jardin desséché, derrière ma lucarne

La nuit se fait absence comme le refus

D’un avenir devenu redouté.

L’interdit déserté du parfum rouge et léger

Porté par ta main pareille à la brise

Qui caresse le flâneur du printemps,

Restera froissé comme le secret

Pareil aux sourires du jour à traverser

Ressemblant à l’indifférence à venir

Confondue à l’oubli tant souhaité.

Fille verte


Poète, couche à l’encre brune la fille verte des pays secs où il pleut du soleil dans les herbes qui ne connaissent plus la soif et cache l’amour qui appelle !

A celui qui se désespérait de sa page, sous les chênes et les pins et sur le tapis de leurs souvenirs qui frémissaient sous les tremblements caressés de la sylphide et qui se recouvraient de la brise qui s’activait à dénuder le sol de l’inutile pour le rendre tel qu’elle s’offrait, la belle se couchait en étirant le palais de son cœur comme pour étendre son sourire qui rendait la fraîcheur à l’instant vacillant.

Le temps suspendu dans ses yeux d’éternité verte plongeait dans le regard de la nuit. Les corps allaient s’unir comme les cœurs  aux enchantements naissants enfin lovés entre eux. Les couleurs et les lumières se faisaient bruits tandis que le silence se faisait éclat.

Le génie des hommes tue, de cuivres linéaires tendus, l’ombre des distances. Les poèmes et leur certitude, de ce qui est devenu souvenir, éteint l’abîme. Flou et électrique sa voix invite en son foyer et son sourire illumine le bureau de papiers et se couche à l’encre brune, comme regardant le bonheur de celui qui espère sur sa page.