Que peut _on croire ?


La lumière ne s’use jamais,
Elle se retire, froide, par pudeur
Lorsqu’elle voit que jamais le monde
Ne s’éblouit d’une seule saison.
Et même si c’est absolument faux
Puisque on a fait des dieux de l’éclat
Je m’inspire de tous ses passages
Pour lui parler de mort et de vie
Dans le hurlement de mon silence
Ancré et séché sur page blanche
Qui fait de ma mort le digne don
De ma lumière usée et froide.

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Espérance dévorée


Le vent fait une bourrasque de brouillon avec ses longs cheveux avant de les tirer, agacé, dans sa transparence qui fouette de poussières comme autant de lettres qui pourraient faire son poème.

 

Invisible de lourdeur, vide du sens de tous ses sens, elle finirait par croire qu’il est un chemin de traverse à la lumière et faire le déni de sa route. Nez en l’air, elle donne le bain des cieux à son sourire qui dévore le silence dans le bruit du souffle, avant de le reprendre en oubliant que rien d’autre que ce que l’on fait par ce que l’on est ne nous appartient.

 

Le rêve de la suffisance par la galanterie est une offrande prétentieuse au soleil. Le vent ne faiblit pas même s’il n’arrache aucune étoile que l’on sait et que l’astre régulier de par le voyage de notre monde, rend au soir. Mais pour elle, c’est après un de ses jours perdus.

 

De lumière en lumières comme vérités en reflet de réalité, dans le vent en croyant s’entendre respirer, la contemplation stoïque nous fait monstre d’enfant sans naïveté.

 

Le rêve s’étale sur l’espérance en mots arrangeants, vigoureux sans aucune force : fondant pour se confondre en confrontation. Croire donner n’est que prendre.

 

Le vent continue de souffler sans qu’elle n’apprenne à voler, préférant dans sa flamme de chevelure forcée de spontanéité, croire l’avoir dompté.

L’instant néant


Dans l’ombre du lendemain des océans des plus lointains, prête à être exécutée, s’élèvent et s’accrochent aux branches frémissantes de novembre les âmes errantes des terres fumantes comme sueur des enfers.

 

Quelle injure silencieuse sera la blessure entre fantômes étalés, lovés comme dans un ressac amoureux de la veille qui s’offrait la douceur des rêves en échange du mensonge de l’éternité, et la timidité froide et larmoyante de l’aube qui prend le temps en offrant le mensonge de la raison au travers de la saison ?

 

D’hier et d’aujourd’hui : nœud étiré qui claque dans l’inconnu, la lumière, comme la fin d’une caresse, est évidence crépusculaire.

 

Comme l’amour, la mort, furtive vérité toujours changeante et secrète, qui brise l’ennui pour coucher le souci, vénérée, il est toujours trop tard lorsqu’elle épouse l’espérance qui meurt sur les falaises de l’avenir et qui la renvoie, inutile, dans l’instant vide.

 

Savoir amène à croire. Il n’est pas de présent.