Des hauteurs


Photo Des Hauteurs

Photographie : Des hauteurs, Boris Sentenac, 2018 – Tous droits réservés

 

Réceptacle de poussière,
Les vents ne gonfleront rien de la façade lisse,
Ne feront aucune farine.
Même en clocher arrogant et muet
Aux vitres sombres de foi
Qui s’élèvent vers l’inaccessible ciel
Et lance son regard aux alentours
De toutes les fenêtres,
Qui, même au sein de leurs murs,
Retiennent leurs témoignages
De rires et de larmes sans écho,
Comme ce clocher arrogant et muet
Qui ne s’élève en témoin que des reflets.
En dépit de la différence de leurs natures,
Les silences ont tout de secret
Et rien de mystérieux.
Parlant tous de la réussite
Des vitres terreuses,
Toutes les lucarnes de tous les murs
Les regardent en murmurant à peine
Tous les échecs.

Souvenirs à vendre


La patience de l’hiver s’étirait depuis les cheminées et s’étendait dans les rues et dans ma mémoire en devenir.

Il n’y a plus de feu dans le foyer et les maisons se parlent dans un langage d’abandon depuis leurs fenêtres.

Certaines scrutent la rue avec leurs vitres dans la cataracte de poussière à l’âge figé d’une vieille et de vestiges d’araignées qui, comme elle, ont cessé d’y tisser leurs ouvrages.

D’autres crient « A VENDRE » en ultime langage d’un temps parti rouler ses « rrr » dans le repos du cimetière.

Dès lors, le souvenir des rues échappe à mon langage d’une patience éteinte et s’étend en odeur transparente dans ma mémoire figée.

Mots de novembre


Je croyais que les journées interminables
En mots de poussières étalées sur la lumière
Etaient, avec les cigales, les plus bavardes.

Il y a pourtant, même en silence, plus de mots
Sur le rideau tiré bien tôt de novembre
Entre les feuilles de l’oubli des couleurs solaires

Et les pages du foyer, menteur de chaleur
Sur plage de parquet, canapé pour transat,
Caverne en laquelle se dit le mal d’aujourd’hui,

Paisible derrière le rempart des vitres
Qui n’ont aucun souvenir de toutes saisons
Et qui muettes ne me soufflent ce poème.