Chez le coiffeur


Perdu dans le regard béant du miroir qui parle comme ton reproche d’aujourd’hui sur tes chants d’hier que j’ai accompagnés,

Pour jouer, nous sommes devenus reflet muet de nous-même : identiques et étrangers faisant du réel comme de notre image notre véritable prison aux murs colorés de bonne conscience.

La promesse du silence, celle qui a tous les mots, est bâillonnée. L’interdit d’aujourd’hui était la lumière d’hier.

Me ramenant d’aussi loin que possible, le coiffeur me demande alors : « c’est assez court ? On peut aller plus loin ».

Statique sur mon fauteuil, je sais…

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Regard sur le temps


Ma lucarne figée comme la saison scrute l’âge de l’abandon, le temps des promesses, la moitié de vie répétée.

Au loin, au-dessus des toitures présentant leur profil en parallélogramme de leur cadre régulier, l’hiver peigne les arbres et s’enfile dans les flammes froides des peupliers, tandis qu’auprès de tous les souvenirs élancés de feuilles, conversant sur le vent, s’égoutte le ciel de ses larmes.

La transparence des veines jusqu’à l’origine fera la couleur du printemps tombant en lumière pour l’heure grise, comme le silence sur fouillis de branches sombres de patience comblée de mots bruyants pour tous et brillants que pour soi, même pour toi.

Trois saisons et une nuit


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photographie Boris Sentenac (droits réservés)

 

Pour toujours est une promesse de renouveaux éternels.

Caressé par la brise nouvelle au parfum de la naissance, d’un vent timide tu te voues à étirer le don dans la promesse des chaleurs.

Face cachée de la nuit, temps oublié comme évaporé par l’été écrasant de mensonge nos cœurs lovés rêvant d’éternité, nous voici monument d’écorces secrètes, comme mains tendues, père et mère des bijoux verts de notre haute montagne tutoyant l’horizon lointain.

La ride rappelle la vérité de l’éternité. Garde ton sourire plutôt que, s’écoulant finissante, la transparence des larmes des feuilles qui se font soleil crépusculaire à l’aube de l’absence et des gerçures. Traverse encore et à nouveau les trois saisons suivies du règne de la nuit en patience douloureuse pour honorer la promesse de renouveaux éternels.

Au chant des cigales


Cachée derrière les containers cerbères de ce qui n’est plus, tu attendais le carrosse bleu gardien de ce qui allait être en promesse éternelle.

Vers l’inconnu, comme envoûté par les sirènes de chaque été se faisant mystère des terres, l’espoir filait contre les vents pour se camoufler du soleil brûlant et ne profiter que des caresses des brises sur nos cœurs, nos regards et nos sourires envoûtés.

La poussière dansait sous nos pas silencieux et timides avant que le souhait ne soit foi. Le temps se figeait alors en lumière et en couverture de lit de terre de feuilles et d’amour.

Ici le souvenir reste un miracle. L’instant se fait mémorial. Et nous voici bravant les saisons à chanter comme ces cigales témoins de la patience à jamais rompues.

L heure entame un adieu, l’éternité rayonne sur notre bonjour.