La dernière vague


Avant que la pierre ne se soit effritée en poussière sur ta chevelure qui lentement s’écroule comme les poids des vieilles horloges,

Etire ton sourire comme la rivière qui polit le galet dans son rire de jeunesse en voyage vers l’océan : immensité à l’horizon inaccessible et obligé.

Sautille et virevolte dans ta course avant de n’être que vague fatiguée et quand tu t’étaleras sur la plage, une dernière fois en étalant ton âge blanc, souviens toi que, comme aucune vague ne peut manquer au ressac, et malgré l’imperfection de la mémoire, tu fais ton temps qui ne peut manquer au temps.

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La vie par la parole


Autour, les vagues
Parlent dans tous les sens.

Tu ne vois plus la plage
Et la brise dans ta voile

N’agrippe pas son souvenir
Tandis que l’horizon, lui,

Reste muet et ta raison
Ne peut rien dire d’autre

Que toutes tes secondes,
Passées et à venir,

Sont moins nombreuses
Que toutes les danseuses

Qui dirigent la farandole
De ton voyage.

Tu sais qu’il y a des étoiles
Que tu ne connais pas

Et tu ne sais pas, s’il en est un,
Leur langage blafard.

Tu continues de te méfier
Des reflets sur l’eau

Et des poissons brillants de soleil
Sur leurs écailles de nuages.

Gouffre évident d’oubli,
Et mystère navigable :

Ta vie par la parole
Ne cesse de voguer

En désert de vagues
Sous carte intouchable.

Sécheresse d’océan


Comme du haut d’une potence,

Aucun vent dans la voile,

Rien pour parvenir au contre jour

Qui découpe le ciel

Comme une hérésie de l’horizon.

 

Sans sommeil mais en fatigue

Comme en gâchis d’énergie

La patience est mouvement

De toutes les vagues

Qui se succèdent comme des secondes.

 

Eau de poison

Sous soleil de sécheresse

Le bateau tel page blanche

Des mots absents

N’accueille que le silence

Figeant l’instant en sa danse.

 

Voguant de port en port

Mon espoir tel marin,

Défait à l’arrivée aveugle

De son prochain départ,

Glisse de mort en mort.

Monde à venir


Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

 

Phares endormis d’un temps de mémoire dans un océan du temps aveugle de lumière, l’éclat en silence habille en ombre la flèche s’étirant vers les étoiles invisibles.

 

Sur la lumière se dessine l’hiver où à chaque extrémité se disent toutes les promesses en solitude froide.

 

Le rempart des fenêtres, chacune unique pour le même reflet, fait secret les regards comme autant de vérités qui s’unissent dans le même mensonge, décrié mais consenti, de la cité.

 

Espoir perdu de bâtisseurs, on accuse le temps d’en être le voleur pour continuer la persuasion de la raison.

 

Océan du temps aveugle de lumière sur phares endormis d’un temps de cauchemar à venir, l’éclat en tintement n’habille qu’en nombre l’indice s’écrasant sur nos larmes d’étoiles.

Transparence des couleurs


Les pétales de sang, au milieu des herbes qui se faisaient écho du ressac de nos paroles de caresses que seule la brise rappelle, effleurent des brûlures de la saison.

 

A l’heure bleue, les paupières sont rideaux des étoiles et l’absence ne t’enlace que trop mal pour t’empêcher de sombrer dans les abysses d’un mauvais rêve.

 

Loin du temps et de l’espace des couleurs, mon espérance est la boussole de la solitude qui sert de radeau sur l’océan lit de nuit.

 

Rude terre promise, voulue comme horizon, où, en mauvais mariage, se confond volonté et espérance ne donnant que transparence.