Vide


Sur la table une araignée de tabac agonise d’être ce qu’elle n’est pas.

Pas de rêve qui s’élèverait comme fumée dans son regard qui n’existe pas.

 

Déjà morte, loin des champs que l’on sait sans en avoir un souvenir,

Elle est comme le raisin en guise de népenthès.

 

En patience de fatigue, me voila devant rien me parlant

Du monde qui, comme mon heure, se remplit de vide pour être.

Songe d’aimer


On sait bien que, silencieux et en beauté, le soleil ne se lève ni se couche pour personne.

On s’attarde pourtant à rêver d’en être le cœur dans un vacarme de vie pour habiller, comme les étoiles scintillantes parent la nuit, le vide de l’interligne de mots éphémères à tous sauf pour chacun pareils aux vagues caressant, éternellement finissantes, la poussière des terres.

Même le miracle d’aimer entame le mensonge en criant sa vérité. Antagonisme de confort, la lumière aveugle le songe éveillé aux yeux fermés.