Bonheur de demain


La plage peut bien se dissocier de la mer,
Le langage restera sur le ciel
Qui donne la couleur à ce qui embrasse la terre.

De la haut l’unité ne réclame rien.
Son rêve n’est que le bonheur
En souvenir d’un plus ancien.

Simple et juste offert en silence,
Il s’est fait pur de sa vie
Sans tonner sur ton nouveau chant.

Apaise-toi désormais,
Ce regard serein peut accueillir ta promesse
Et même tes prières, si tu y tiens,

Puisque même loin,
Nos yeux reflètent les éclats,
Toujours à partager, des mêmes étoiles.

J’abandonne les sensations
Pour ne garder que l’émotion
Qui se souvient des lunes passées et la force d’Antares.

Nul corbeau croassant en mort d’étoile
Ne sera capable d’insulter nos souvenirs
Et ne sera jamais fossoyeur de notre bonheur.

Forts et libres, ne craignant aucun vertige de poussière,
Nous voici au-devant d’un nouveau chemin d’aèdes
Que nous sommes et qui savent

Qu’en chaque foyer, établi ou improvisé
C’est fenêtre ouverte sur le monde
Qu’entre tous les espoirs.

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D’un crépuscule


La nuit s’effondre avec ses étoiles sur les trottoirs de la ville.

Labyrinthe connu, mes pas à la maîtrise ancestrale marche sur le mystère qui s’est allongé sur les lumières braillardes, rivales prétentieuses et aveuglantes sur les belles et vastes silencieuses.

Cependant, le pire est toujours pour demain et ainsi le meilleur se tente dès maintenant.

Lis vers l’hiver


Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

 

Par quelles amarres, à quel port et de quelle époque s’accrochent les maisons injuriant la transparence du temps en couleurs comme timbre d’un cri de vie ?

 

Tourbillon de l’instant jetant sa force centrifuge sur les murs gardiens des mystères de chacun, en italique inversée, on devine les trésors jaunis des placards du fond des ombres.

 

Tandis que la brise de demain balaye la poussière dans la poubelle d’hier, jouant du ciel et d’un arbre éteint aux feuilles de plumes engourdies, la lune chante sur ces violons. Ces cordes de briques, de bois et de terre jouent en nostalgie.

 

Paradoxe du vent qui souffle dans l’oubli tout ce qui s’accroche sur les larmes qui font la survivance de tout ce qui est mort. En guise de réponse apaisante, c’est au crépuscule qu’on célèbre la lumière pauvre et froide en vernis et en pigments.

 

En robe de silence et de constance tel galet sans autre âge que celui de l’éternité, ton chien te suit en patience guidée par sa confiance sans condition et ne traite ainsi le temps qu’en sa présence.

 

Que regardes – tu dans l’invisible qui te fouette ? Crois – tu que la vie est toujours pour demain ?

D’hier et de demain


d'hier et de demain1

Photographies : Boris Sentenac, droits réservés

La chapelle, gardée par quelques cyprès : fidèles flèches figées vers l’éternité, apparaît comme secret d’un souvenir vivant pareil aux murmures des prières désertées. Sa perspective telle une caresse sur les collines s’abandonnant à la mer séductrice de la lumière vouée à sa noyade nous dicte notre espoir.

Mensonge furtif de sérénité sur l’abandon tenace et obligé de l’enfant aux cris silencieux de sa mort inaccomplie, retour en bénédiction bleue sur la vérité de l’inexistence de l’horizon. Mer contre terre, jour contre lueurs, joies et peurs s’étalent autour de l’instant que nous gardaient les innombrables et centenaires suves pareils à une armée en campagne sur la misère fructueuse comme la raison bien pensante sur nos sourires, restés simples et essentiels, habillés d’hier et de demain.