Un instant comme un sourire


photo Delphine Rupp

photo Delphine Rupp

En virgule des jours, au bout de tous les pas, dans un silence de regard, dans la caresse du voyage de l’invisible en partance pour un autre intouchable, nous voici, pour quelques repos de passages et en tous temps du monde, sous quelques faiseurs d’ombres qui s’extasient du reflet éventé des cieux.

En poésie de l’instant, et tout comme elle, l’inutile devient fondamental.

En attendant le repos


Parmi les innombrables regards aveugles et scintillants de la nuit, la trahison errante du présent, boule de reflet d’un lendemain, passe imperceptiblement semblant vanter la réminiscence d’hier.

Patience déjà éclairée des larmes qui s’accrochent aux frêles espoirs d’un néant sans cesse trompé, toujours gagnant.

Le tourbillon de la vie se noie solitaire dans la lenteur silencieuse de l’ombre inquiétante et respire le mensonge précipité du vacarme rassurant des jours.

En attendant le repos retenu par les rêves, comme la mort retient la vie pour être la peur, je me fais loup en hurlant aux lumières sourdes, aux chaleurs perdues se reflétant sur mes pupilles mouillées, mes excuses à ne pas aimer les rondes savamment étourdissantes de l’oubli rafraichi par les rires du bonheur convenable de mon caillou.

De ce qu’on établit, malgré nos defiances rassurantes, tout semble tenir par son contraire.

L’un dans l’autre


Sur la plage, l’horizon envoie les embruns par les danses mousseuses d’ennui plat et caniculaire sur la lourde poussière comme linceul de mer sur lequel on étale des serviettes pour fesses à tremper.

Au loin, les collines, sous les poussières légères narguant les vengeances à venir encore blanches du ciel, nous rappellent, rassurantes, la sécurité des murs abandonnés à distance suffisante pour un rien de rires vides mérités qui écopent un autre rien trop plein de nécessités aussi aveuglantes que ce soleil considéré comme repos.

Voici en carte postale un l’un dans l’autre antagoniste de ce qui s’appelle hâtivement et uniformément bonheur  voyageant de pâtés de maisons en palais de sable et qui ressemble pourtant au vent qui fuit. Voici en subterfuge de besoins justes désignés ainsi et qui, en concurrents absurdes, se justifient l’un avec l’autre.