Envolé


Les arbres patientent de saisons en saisons jusqu’à faire indienne leur longue file. Ici, au détour d’un regard, l’un dans l’ombre de l’autre crache la flamme d’automne.

 

Soudain une rafale, venue de devant, tire les feuilles comme on tirait les oreilles d’un enfant jusque devant sa bêtise. Les feuilles virevoltent et s’envolent loin dans l’oubli, loin derrière l’aiguille que je fais de mon temps comme tous solitaires avançant dans le vent ne saisissant, silencieux aux oreilles froides, rien du présent.

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