Promenade


Le temps pédale sur le mur.
Son effort d’est en ouest
Traverse les ombres
Engourdies du matin
Et endormies du soir.

L’ordre muet efficace ici
Et dicté d’ailleurs,
Souvent par d’autres heures,
Fait nos mouvements
Du sien imperceptible.

Dehors, même lorsqu’ils semblent impatients,
On croirait que les nuages étrangers,
Usant d’une autre langue,
Ont choisi de l’ignorer,
Et que le vent tente de le souffler.

Riche d’impertinence
On s’est émerveillé au printemps,
Endormi en été, réalisé en automne,
Pour mourir en hiver,
Pauvre de sagesse.

Jamais pressé, et sans jamais oublier
Une seule seconde,
Sa course livre l’efficace ennui
De notre regard obligé
Sur son guidon d’aiguilles.

Nous le croisons se promenant
Mais nous ne pouvons
Que le regarder s’éloigner,
Ne pouvant le suivre
Car nous n’avons pas son équilibre.

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Promenade


Sous les bois, une branche de galaxie de cailloux cherche, et même si elle est injuriée par quelques corbeaux, sa pleine lumière.

A son tour, sorti de sous les filtres verts de l’éclat, le chemin tranche les couleurs des champs jusqu’à l’asphalte muet et dur comme la nuit. Le vent lui-même, lâche complice des corbeaux, semble regarder de part et d’autre avant de traverser la ligne figée.

Le chemin repart par astuce obscure comme une rivière qui s’écoule en secret sous la nuit elle aussi de passage, et renvoie plus loin, à nouveau en l’univers des violettes, sa promenade pareille à la vie tranchant d’éclats sur l’ombre, sa branche de galaxie de cailloux comme un vestige que son cœur chante comme une comptine de son sommeil et dans un souffle tel ressac de toutes les origines comme allant d’un secret à un mystère.