billet d’exil


Forêt de vitres sur troncs de béton
Tous les reflets pour feuilles sont les remparts
Des regards éteints comme froids sur l’hiver.

Fabrique de souvenirs qui jamais
Ne s’inscrivent sur les feuilles vertes
Des printemps de sourires qui n’ont qu’été.

L’ordre est donné, et pour ton grand bonheur
La valeur du billet tant convoité
S’imprime sur la mort de tes hauts bois.

Il manque à la promesse de lumières
La chaleur que la nostalgie retient
Même pour ceux restés sous leur frondaison.

Paroles en reflets, reflets de paroles,
Echo de tes choix en guerre contre toi
Des espoirs sont nés de tes souvenirs.

Pourtant le temps n’existe qu’au passé,
Le présent meurt avant d’avoir été,
Ton avenir est une larme obligée.

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Mots de novembre


Je croyais que les journées interminables
En mots de poussières étalées sur la lumière
Etaient, avec les cigales, les plus bavardes.

Il y a pourtant, même en silence, plus de mots
Sur le rideau tiré bien tôt de novembre
Entre les feuilles de l’oubli des couleurs solaires

Et les pages du foyer, menteur de chaleur
Sur plage de parquet, canapé pour transat,
Caverne en laquelle se dit le mal d’aujourd’hui,

Paisible derrière le rempart des vitres
Qui n’ont aucun souvenir de toutes saisons
Et qui muettes ne me soufflent ce poème.

Feuilles de lumières


Le nez dans l’espérance, nous escaladons notre vie comme pour tenter d’approcher la plus haute feuille de la cime de l’arbre qui s’élance vers l’évidence de la lumière et le mystère des cieux.

On abandonne alors nos racines pour s’enfoncer dans le labyrinthe de toutes les impasses qui forgent la volonté des rêves des uns et parfois même celle du cauchemar des autres.

Qu’importe ! Traversant les saisons au terme de l’ascension, desséchées, toutes les feuilles jusqu’à la plus haute deviennent au fil du temps couverture des racines.

De tous les savoirs et de toutes les perspectives sur le monde, d’hier jusqu’à aujourd’hui, effondrés en spirale à mesure de la hauteur gagnée, il ne reste alors que les étoiles pour feuilles de lumière et pour caresses sur nos mains gravées.

Envolé


Les arbres patientent de saisons en saisons jusqu’à faire indienne leur longue file. Ici, au détour d’un regard, l’un dans l’ombre de l’autre crache la flamme d’automne.

 

Soudain une rafale, venue de devant, tire les feuilles comme on tirait les oreilles d’un enfant jusque devant sa bêtise. Les feuilles virevoltent et s’envolent loin dans l’oubli, loin derrière l’aiguille que je fais de mon temps comme tous solitaires avançant dans le vent ne saisissant, silencieux aux oreilles froides, rien du présent.

Nuages verts


 

Photographie : "oakley plantation" J2MC, droits réservés

Photographie : « oakley plantation » J2MC, droits réservés

Nous demandant vers où, oui nous serons y répondre à la sortie du chemin qui s’étire en majuscule droite et couchée sous l’éponge de l’éclat soufflant la voyelle en son point.

 

Noble salutation offerte par l’ombre en ponctuation comme autant de baise – mains faisant de la lumière brute, éblouissante ou éclairante, légère ou écrasante, un savoir poli.

 

Le souvenir des nuages verts du devenir sera alors l’affirmation par la caresse ou la gifle devenue verbe sur le monde comme tous les poèmes couchés sur leurs feuilles.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

https://www.flickr.com/photos/walberthur/

Trois saisons et une nuit


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photographie Boris Sentenac (droits réservés)

 

Pour toujours est une promesse de renouveaux éternels.

Caressé par la brise nouvelle au parfum de la naissance, d’un vent timide tu te voues à étirer le don dans la promesse des chaleurs.

Face cachée de la nuit, temps oublié comme évaporé par l’été écrasant de mensonge nos cœurs lovés rêvant d’éternité, nous voici monument d’écorces secrètes, comme mains tendues, père et mère des bijoux verts de notre haute montagne tutoyant l’horizon lointain.

La ride rappelle la vérité de l’éternité. Garde ton sourire plutôt que, s’écoulant finissante, la transparence des larmes des feuilles qui se font soleil crépusculaire à l’aube de l’absence et des gerçures. Traverse encore et à nouveau les trois saisons suivies du règne de la nuit en patience douloureuse pour honorer la promesse de renouveaux éternels.