Fin d’ardeur


La saison s’étouffe en solitude.

La fatigue paralyse le jour

Et chacun fuit sa mort derrière ses murs.

 

Le vent cherche encore à dénicher quelques trésors.

Il souffle sur les poussières des jardins

Avant de s’affoler dans les rues désertées.

 

Le silence est langage des souvenirs de la fougue passée.

Le présent s’effondre du ciel

Avant de pleurer l’avenir dans les rigoles.

 

Les lumières opulentes sur le sort des jours

Ne parlent de rien et rassurent en tromperies

Qu’éclaire l’espoir vain de la vie sur les paupières des jours.

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Les coupables de l’ardeur


Le soleil, en secret, derrière l’horizon fait des hauts nuages les réminiscences de l’amour avant que le ciel ne se couvre par un tricot sombre à grosses mailles de larmes qui gifleront la vie comme le jugement des différences, meurtrier pour les uns et rassurant pour les autres, s’accaparant, comme la nuit aveugle à venir, l’éclat rose.

 

Pour ces coupables de l’ardeur, il est alors temps de laisser s’écouler le clandestin crépusculaire en rêves déchaînés de demain comme lumière et chaleur au fond de leur caverne.

Paresse de l’espoir


Nul soleil ne se fait porter.

L’horizon s’est fait engloutir dans la tempête de tes colères tandis que tu te fonds à la nostalgie de terres promises ainsi pareilles à un dieu auquel plus personne ne croit.

Il n’est plus d’eau que les larmes de la douleur de tes épines sauvages mal aimées et couronnées des réminiscences incessantes de tes pétales d’enfant flétris que tu crois seul voir s’envoler dans ta fumée bleue et qui n’est qu’un mensonge trop silencieux de l’oubli. Tes rosiers piquants sont ainsi trop pales. Leur rosé matinale est glacée du vide des heures noires que les milliards d’étoiles n’ont su éclairer. Le nez dans les étoiles, les yeux dans la nuit, ton parfum s’est évaporé.

Tu as choisi de nous rendre reclus dans ta forêt de craintes élancées en mystères. Il est toujours une clairière et j’aperçois la lumière, la mer et l’horizon redéfini comme je suis pour désigner ma vie et non me contenter de vivre seulement pour n’être qu’une ombre.

Toi qui ne connais que le regard noir vide d’essentiel d’une mère, tu t’es fait aveugle du plus grand espoir d’un monde. Comme toutes les mères, elle a donné la mort avec la vie sans envie pour quelques désirs, pareils à quelques paris idiots de casino, qui te condamnent.

C’est en perdant le cauchemar, que les paresseux appellent rêve comme on farde la vérité, que l’on gagne l’espoir du plus humble qui n’ayant rien à perdre, se fait, malgré lui, le plus riche de l’utile rendant futile la tendresse de la mélancolie.

Je ne veux rester dans ta lueur mal calibrée d’un amour seulement promis et juste prétendu. Ta suffisance fait de toi le bourreau de ta condamnation. Avoir été sans fin se termine maintenant. Il me faut te quitter dans la vérité de l’éternité pour nous offrir l’espoir.

Ainsi, j’ai refermé ton portail sans plus savoir ce qu’il lui reste à garder dans ton paradis du sommeil des ronces. Je vais vers mon espoir de quiétude courageuse et faire rayonner le hasard façonné de nos étreintes éteintes. Je retourne vers l’horizon caressé par les brises sans jamais rêver de marcher sur l’impossible. Je veux hydrater la gerçure pour étirer le sourire et en faire enfin le reflet des hauts nuages blancs de l’ardeur.