Etoiles 1


Le marin a jeté sur les cieux mystérieux son espoir.

Puis, il a dessiné son besoin avec les étoiles.

 

Il a vécu la découverte étrangère à son envie.

Puis, il a raconté ses voyages réduisant tous les espoirs.

 

Aujourd’hui les étoiles bavardent en un langage abandonné.

Elles brillent sur notre savoir comme l’espoir d’une fin de vie.

Entre deux mondes


La mer dépose sans cesse les reflets des jours passés.

 

Poussière blonde pour frontière de l’origine qui agonise éternellement sur le devenir déjà mature du haut de l’âge de ses falaises.

 

Tout en dérobant quelques perles salées, le vent les unis.

 

Salué par les vagues et quelques vagues d’innombrables tiges d’espérances vertes où s’attardent quelques nuages de laine faisant bombance, il voyage sans cesse en transparence fouettant tous les masques des regards qui ne voient que leur monde et hument le souvenir d’un autre pour faire leur langage myope de savoir et lucide de croyances.

L’instant néant


Dans l’ombre du lendemain des océans des plus lointains, prête à être exécutée, s’élèvent et s’accrochent aux branches frémissantes de novembre les âmes errantes des terres fumantes comme sueur des enfers.

 

Quelle injure silencieuse sera la blessure entre fantômes étalés, lovés comme dans un ressac amoureux de la veille qui s’offrait la douceur des rêves en échange du mensonge de l’éternité, et la timidité froide et larmoyante de l’aube qui prend le temps en offrant le mensonge de la raison au travers de la saison ?

 

D’hier et d’aujourd’hui : nœud étiré qui claque dans l’inconnu, la lumière, comme la fin d’une caresse, est évidence crépusculaire.

 

Comme l’amour, la mort, furtive vérité toujours changeante et secrète, qui brise l’ennui pour coucher le souci, vénérée, il est toujours trop tard lorsqu’elle épouse l’espérance qui meurt sur les falaises de l’avenir et qui la renvoie, inutile, dans l’instant vide.

 

Savoir amène à croire. Il n’est pas de présent.