Automne


Sous les rêves devenus froids et secs, l’enfant transparent jouait avec les cadavres de son printemps.

Comme pour profiter des dernières couleurs, de ses doigts verts et inombrables, le jardinier tentait d’ordonner la mort.

Mais ne vivant qu’au présent, le vent se moquait de ce que disait l’instant.

Manège de graine


Manège de graine

Photos : B. Sentenac

Je me souviens, enfant, dans ce parc aux marronniers fournis se faisant ciel des soirées de fêtes braillardes, tournoyantes et comme insultant la nuit. Pour quelques sous se faisant promesse de la lune contre quelques tickets de droits, pour rêver en cadence de grosses caisses, je me faisais pilote d’ailleurs vers nulle part.

D’une graine qui s’est faite tronc secret de ses pleurs suspendus pareils à l’oubli du socle de l’union comme rêve perdu d’amoureux subitement éveillés, en fontaine verte, le saule se fait caverne en ronde de larmes retenues par l’élan retombant alourdi par sa vie. Comme une couronne qui sait la révérence, le saule trône sur mon jardin.

Me voila, enfant mort, face à ce manège vert en attente vaine mais immuable de rires par ses pleurs éclairés, s’étirant comme lassé, pour contrer la patience précédant l’éternité pourtant déjà à jamais entamée.

 

Un pardon bleu pour une espérance verte


La colère est la fille de la peur. Ne l’épouse pas, dragon faiseur de brouillard de cendres ! Tu sais que ta brûlure ne purifie rien.

Calme l’ardeur de ton expression fumante, deviens ta prière, deviens ton poème pareil à la pluie qui noie les larmes de tes excès.

Déployant tes ailes, dragon de rêve aux yeux d’étoiles, comme se déploient les heures tardives qui se veulent l’interdit de l’abus des ombres, fais-toi le poète des herbes des yeux d’éternité encore verte pour partager l’amour sur le tapis recevant l’ardeur de tes nuances.

Les distances aux travers des regards partagés sur la lune feront de toi son secret brûlant.

A ta nymphe telle faste émeraude, tes espoirs offerts ne seront pas que tes souvenirs s’écoulant à l’encre brune puisqu’ils se couchent sur le printemps, troublant le temps, en bonheur vert et bleu.

voir Le poème de Margot : http://ailleurssijysuis.wordpress.com/2013/09/07/bleu-cosmique/

et : https://borissentenac.wordpress.com/2013/08/28/598/