En furtif néant


Dans la pénombre pudique,

Chaque coup de rein éclaire,

Trop souvent les yeux fermés,

L’éternité de l’instant.

 

Et quand enfin le long rideau

De la chambre est tiré,

Le tout jeune souvenir

Eteint l’instant d’éternité.

Publicités

Bâtis


Regard de poisson

Regard de poisson

Grottes de soupirs de lumières, de dentelles d’espérances sur le courant lent des mots de curieux, touristes comme le temps qui, lorsque le grondement s’étale en croix s’échappant de sa grande tuyère et profitant de son élan jusqu’au chœur, les fait taire.

 

A cet effroi, le souffle de l’origine offre alors en tonalité de rires, la mélancolie des hommes et l’assurance de leur avenir en la nuit qui s’avance pour tous, père et mère de chacun des espoirs, même à ceux des Eglises auxquelles ils ne croient pas.

 

La folie du génie parle toujours de l’hystérie.

 

Aujourd’hui, le vertige se bâtit lisse et en reflet d’argent du monde.

 

reflet d'un monde

reflet d’un monde

Marseille


Marseille J2MC

Photographie J2MC, tous droits réservés

 

Marseille

Il n’est nul autre endroit qui soit comme la fleur qui accueille toutes les abeilles.

Il n’est nul autre endroit où les mots chantent avec le vent qui vient de loin et qui les emporte encore ailleurs.

Tu es telle une ruche : de tes rues encombrées, de tes terrasses et de tes places où se boit des nuits de café ou des soleils anisés, de ton vieux port qui s’ouvrent vers tous les horizons, tu nous promènes jusqu’à la mémoire en ton panier, tous surveillés par Notre Dame de la Garde qui sait le voyage d’ici à hier et jusqu’à demain.

Marseille, tes rues sont les veines du sang de tous dans les colères et jusque dans les rires de chacun, dans tes excès qui font ta vie. Sans rien oublier, sans rien négliger, sans rien regretter, sans que rien ne soit aucunement respecté, se verse des larmes pour ceux qui t’on quittés sans que ta rage de vivre n’en soit altérée !

A Marseille 


A tous nos amis Marseillais, d’hier ou encore d’aujourd’hui, de ceux qui ont traversés nos vies ou qui y sont encore avec toute notre affection, nous sommes aujourd’hui dans cette ville de lumière qui a été meurtrie en 2015. La mort, qu’elle soit au nombre de un ou de centaines, reste en idéologie une injustice terrible. Margot  et moi tenons à vous dire combien nous sommes touchés par les événements de ce jour en gare Saint Charles. Nous l’avons traversée tant de fois. A vous nos jeunes amis (et les moins jeunes aussi 😉 ) nous vous envoyons notre soutien dans l’épreuve que Marseille vient de subir. Que chacun ne recule en rien en sa façon de vivre sa liberté dans ces rues merveilleuses et que personne ne se trompe sur l’origine de ce mal. De loin nous pensons à vous comme en l’époque où nous étions marseillais nous avons pensé à Paris. De loin ou de près, nous sommes avec vous.

Souffle d’une prière (poème)


Voici donc le texte de la vidéo de ce poème que je vous ai proposé il y a quelques jours. Bonne lecture.

.

Et tandis que le graisseur de moteur hante toujours de son heure furtive l’ardeur que tu sais sur celle que j’imagine,

 

Tandis que le souvenir de ses vagues ne sera jamais l’éternité des mers, sa promesse de voyage n’embarque jamais aucun mot fort pour les temps à venir,

 

L’horizon est ici : sur ses vagues qui se remuent comme hier ses fesses effleurées par une lumière silencieuse, son cargo de patience part pour ailleurs mais ne ramènera rien des nuages qu’il va croiser.

 

Il reste tel le mystère des mers, comme la page essentielle à l’encre qui ondoie vers la profondeur de ses mots mais qui s’envole dans le silence de l’écrit, comme la retenue de la caresse qui n’a de sens qu’en mots de toutes les absences trop légères et qu’un bâtiment de fer ne fait qu’excuse au graisseur de moteur.

 

Mer qui regarde les étoiles dans son sommeil perdu, sans jamais entendre autre langage que le voyageur à l’horizon d’une jeunesse de découverte déjà assouvie, prise dans tous les vents, jamais dans aucun courant, tu sais la hauteur des falaises, l’abondance du mariage de ta terre et de la lumière.

 

Les étoiles filantes ont le destin tragique des cadavres et ce qu’il en reste se noie perdu dans l’étendue du voyage qui ne mène que vers jouissances de marins.

 

Le souvenir du sable, couleur de sa peau, s’est envolé comme poussière par la brise transparente de sa raison pour tous ses sens, tandis qu’elle porte ton chant, au-delà des plus lointains bateaux, au-delà des veilleuses de tous les songes.

 

Dès lors, les sirènes meurent de ton sommeil, de ta négligence d’insomnie qui jette la couverture promise de l’horizon de la mer et qui s’éveille sur les mots couleur crasse de moteur. La mer n’est que le reflet du ciel et le ciel n’est que le mensonge de la lumière.

 

La plage comme frontière t’a dit, sans rien dévoiler des mystères des flots qui semblent offrir de leur dentelle en s’étalant sur la terre, que l’origine s’épanchait sur le devenir sans jamais, que par toi-même, rien y faire.

 

De ses mots, dévoreurs de l’aube invisible des lointains horizons, ne reste qu’un souvenir vague de vagues originelles de ce marin sans phare, et l’imperfection de ta mémoire quant à ces instants n’est qu’étincelle ratée.

 

Comme chacun largue ses amarres, chacun choisit son port.

 

Ainsi mon amour, la conjugaison de notre poème se fera dès lors au pluriel de nos regards qui glissent sur les flots et s’élèvent jusqu’à Antarès.

 

Car sinon il n’est pas, l’amour ne meurt pas de silence, de cris ou de chants de sirènes. Il nous élève comme le souffle d’une prière.
.
Retrouvez la vidéo de ce poème en cliquant sur lien suivant :

https://borissentenac.wordpress.com/2017/09/25/souffle-dune-priere/

Et sur le même thème le poème de Margot Rosin :

http://wp.me/p4c7zc-a0

Vivre


Au matin, sur les quais de Paris,

Mon ombre suit le courant de la Seine

Scintillant comme milliers de furtifs soleils

Du reflet d’une seule lumière.

 

Je les suis pour aller à l’embouchure des temps :

Le terme se jette toujours dans l’origine.

 

Mais le passé s’arrange avec le présent.

Je laisse alors flotter l’avenir

Au profit de l’espoir des étoiles que j’attends.

Devenir en espoir


La rame clame son départ.

 

Dans le ventre de fer et d’acier qui traverse la ville, la lumière reste étrangère. Quelques virgules blafardes passent comme étoiles filantes tandis que nous filons vers nos nuits.

 

Le silence n’est que de paroles.

 

Le regard constamment étonné par les éclairs sur les visages ternes, esquisse un sourire sur cette toute petite fille portée sur ce qui fut son ventre semblable en son temps au notre de l’instant.

 

Dans son dos un jeune homme cherche quelques étoiles dans les pages de son roman que la brise lancée de ses yeux fait tourner par moment quasi aussi régulier que son souffle.

 

En face, un autre jeune homme enfonce son regard dans sa certitude qui s’est habillée, comme accomplie, d’un costume noir et d’une chemise blanche d’où pend une cravate rose pale en souvenir lointain et silencieux de couleurs.

 

Le silence n’est que de paroles.

 

Dans le ventre de fer et d’acier, la sagesse bien apprise rend aveugle aux virgules qui passent comme étoiles filantes et tandis que nous filons vers nos nuits, la petite fille va encore vers ses rêves.

 

La rame annonce le terminus.