Deuil


Le glas fige le malheur d’une mère qui ne sait pas que la nuit ne peut emporter les souvenirs cachés sous ses perles. Comme celles vertes du saule, ces voyageuses des joues, telles celles des cieux, initialement étrangères au jardin, ne peuvent être asséchées par aucun missionnaire d’aucune heure tardive.

Semblables à l’être perdu, elles sont comme venues des vagues géantes figées, aux forces silencieuses et recouvertes de la pudeur des secrets des sources qui chatouillent inlassablement les galets trahissant leurs présences dans leurs rires éternels et arrondis. Ces perles, brutalement nées en chevauchée sage de la paix, caressent l’humilité gigantesque, ne se souciant guerre des églises aux colonnes des résonnances dénuées d’élans vertigineux, bien qu’harmonieusement calibrées par un bâtisseur oublié des croyances servies, même malgré lui, endormeur de pierres.

La noyade de l’ennui s’élève en odyssée des vapeurs à la mission nourricière pour les secrets universels dignes de toutes croyances aux préférences de l’espoir.

Sauf pour quelques fenêtres aux volets désespérés par la colère des chagrins, le soleil franc sur les voiles, flottant par l’essentiel, brillera à nouveau.

Publicités

La vie par la parole


Autour, les vagues
Parlent dans tous les sens.

Tu ne vois plus la plage
Et la brise dans ta voile

N’agrippe pas son souvenir
Tandis que l’horizon, lui,

Reste muet et ta raison
Ne peut rien dire d’autre

Que toutes tes secondes,
Passées et à venir,

Sont moins nombreuses
Que toutes les danseuses

Qui dirigent la farandole
De ton voyage.

Tu sais qu’il y a des étoiles
Que tu ne connais pas

Et tu ne sais pas, s’il en est un,
Leur langage blafard.

Tu continues de te méfier
Des reflets sur l’eau

Et des poissons brillants de soleil
Sur leurs écailles de nuages.

Gouffre évident d’oubli,
Et mystère navigable :

Ta vie par la parole
Ne cesse de voguer

En désert de vagues
Sous carte intouchable.

Divine lumière


Au moment de l’ignorance de la journée, comme je bois mon café, le jeune soleil boit la vieille gardienne des mystères qui prépare alors son oblate imminente et obligée.

Les synapses des terres : franges outragées des prairies liées aux lumières irrésistible à l’ivresse, ogre des tromperies bleues du repos qui enfante le courage, absorbent l’écrasante connaissance criminelle du fruit des profondeurs.

Bénédiction de l’eau, pénitence de la boue, les nuages se croisent dans l’indifférence des crapauds et des chants de grenouilles : ton diktat nait des vérités de chacun, le plafond des vents fait le malheur de tes yeux aux paupières fatiguées et, à jamais, déridées par ta croyance, ta faiblesse est la postérité de ta certitude au moment de l’impéritie à la brune de tes journées.

Regard embué


Sur la vitre embuée, l’arbre d’eau dessine ses limites en traits d’hésitation découpant, en opulence dégoulinante, la certitude fine et statique.

Aucune feuille n’est à voir devant le choc thermique éphémère qui raconte le jardin qu’il occulte comme les pleurs d’un enfant. La transparence est nue comme tout regard embué.

Fenêtre d’hiver


La neige blanche, souvenir de nuage
et du seul langage de son origine,
tombe comme gravier semblant se moquer
de la lourdeur des pierres, avant néanmoins
de s’étaler dessus et d’en absorber,
en son silence blanc, le langage gris.

LumièreS


La nuit dévore la lumière.
Le jour est un oubli
Comme une erreur,
Un secret de la transparence
Qui se dit en mensonge,
Involontaire et admis,
Créant la confiance
Sur le monde,
Mieux qu’un réverbère,
Et les dieux dans les cieux
Obscurs comme la nuit.