Soufflé


Après que le vent eut laissé les abeilles faire leurs voltiges,

Après qu’il eut, comme d’une seule main, suspendu les parfums,

Le voici qui se lève comme pour tout emporter,

Eveillant alors la solitude en manteau.

 

En bourrasque, il la secoue et semble la provoquer,

Il dépoussière le silence endormi dans les oreilles

Et gratte les regards qui ont déjà oublié

Le sourire éclairé par la lumière du miel.

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Cycle


De deux étrangers

Qui n’avaient de cesse

De trop t’imager,

De leur népenthès,

 

Dans leur espérance,

Comme un voyageur,

Tu offres  silence

De toutes tes heures.

 

De l’eau et du ciel

Enfant de naguère

Vers l’éclat tel miel

Tu t’envoles des terres.

 

Te voici nuage

Couverture des cris

Libéré des âges,

Et l’escroquerie

 

Du profond souffle,

Par eux expirés,

N’est que mistoufle

Dès lors méprisée.

 

Pourtant à jamais

De mer vers lumière

Le mois de mai

Se souvient d’hier.

 

Vers des terres nouvelles

En couloir des vents

Tu pars blanche et belle

En espoir fervent

 

Pour alors donner

En larmes de vie

L’enfant des années

Des chants des envies.

 

Ancre de tes pages,

A ton tour deviens

Mère de ton ouvrage

Et lit des étoiles.

Miel


Miroir de souvenirs, trouble d’un avenir impossible, peu importe les éphémères explosions de couleurs : il ne reste jamais que la page blanche en lit de source allant inexorablement se jeter dans l’océan indifférent de tous les sommeils.

La brise sur ton abandon reste comme empreinte de plage : unique anonyme. Camouflage de camouflets, l’ensorcellement de sa peau comme reflet des grains s’estompe dans les taches des soleils morts sitôt le ressac épuisé, sitôt le silence des sirènes de l’horizon essoufflé.

Désormais fantôme sans âme, sa vérité est ton subterfuge d’ivresses séchées de larmes et miel de papier comme poison de gourmandises.