L’instant néant


Dans l’ombre du lendemain des océans des plus lointains, prête à être exécutée, s’élèvent et s’accrochent aux branches frémissantes de novembre les âmes errantes des terres fumantes comme sueur des enfers.

 

Quelle injure silencieuse sera la blessure entre fantômes étalés, lovés comme dans un ressac amoureux de la veille qui s’offrait la douceur des rêves en échange du mensonge de l’éternité, et la timidité froide et larmoyante de l’aube qui prend le temps en offrant le mensonge de la raison au travers de la saison ?

 

D’hier et d’aujourd’hui : nœud étiré qui claque dans l’inconnu, la lumière, comme la fin d’une caresse, est évidence crépusculaire.

 

Comme l’amour, la mort, furtive vérité toujours changeante et secrète, qui brise l’ennui pour coucher le souci, vénérée, il est toujours trop tard lorsqu’elle épouse l’espérance qui meurt sur les falaises de l’avenir et qui la renvoie, inutile, dans l’instant vide.

 

Savoir amène à croire. Il n’est pas de présent.

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Evolution


Soleil tu bouleverses les ténèbres. Ainsi, tel un dieu tu es une possibilité passée juste en cours d’évolution. Tel un homme tu t’épuises jusqu’à ta déchéance.

En fruit de lumière et de chaleur, éclatant de couleurs promises mures en espoir de larmes avant de nous parer inévitablement de fatigue, comme l’astre est lumière, en miroir aux alouettes, on se fait sucre par préférence illusoire comme la promenade de l’ombre sur l’éternité.

Rien n’est irréel sauf la vérité qui, furtive et multiple, bien que nécessaire dans ses mystères, se fait mensongère.