Errance de l’évolution


On passe sa vie à la construire à côté du bâti de lourdes pierres de l’enfance.

Il nous faut briller, tutoyer la lumière aveuglante et tenter d’oublier le foyer au mortier de mensonges des émotions d’enfant.

Mais du haut de notre tour de fer et d’acier, lorsque le vent souffle, notre regard ne peut que s’incliner sur l’oubli raté.

La lumière blanche, autant qu’elle le reflète, se persuade de l’oubli de ses couleurs.

On rêve, en cette tour, d’y voir sa déraison en raison. Mais en nos bureaux, on ne peut que trop mal négocier par la tolérance dont on fait notre pauvre monnaie par défaut. On choisit alors le silence pour nos errances.

Puis, on bâtit la maison de notre enfant et on s’étonne un jour de le voir élancer à son tour ses fenêtres sans mur comme autant de regards sur le monde impénétrable comme elles. On sait mais on regrette à cet instant qu’il ne peut y avoir que des regards.

Il délaisse alors, comme nous en d’autres temps, mal oubliés eux aussi et pourtant, sa maison d’enfant. La sienne qu’on espérait en secret la nôtre.

Le fer et la transparence ont des exigences dont les vieilles pierres ne profitent pas. On s’élève par la croyance nécessaire sur nos souvenirs en ruines.

Continuons donc, si proches éternels, à nous parler en reflets de lumière que nous ne sommes pas, mais j’ouvrirai mes fenêtres pour tous les vents.

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Evolution avortée


Plutôt que face aux hommes, le front levé vers le soleil en illusion de sa propre lumière ne donne que la transparence de ses certitudes.

 

Dieu est silencieux et n’a que faire d’un sourire satisfait.

 

Quant au monde, il voit l’invisible et baisse alors son regard désabusé dans l’ombre…

Evolution


Soleil tu bouleverses les ténèbres. Ainsi, tel un dieu tu es une possibilité passée juste en cours d’évolution. Tel un homme tu t’épuises jusqu’à ta déchéance.

En fruit de lumière et de chaleur, éclatant de couleurs promises mures en espoir de larmes avant de nous parer inévitablement de fatigue, comme l’astre est lumière, en miroir aux alouettes, on se fait sucre par préférence illusoire comme la promenade de l’ombre sur l’éternité.

Rien n’est irréel sauf la vérité qui, furtive et multiple, bien que nécessaire dans ses mystères, se fait mensongère.