Espérance dévorée


Le vent fait une bourrasque de brouillon avec ses longs cheveux avant de les tirer, agacé, dans sa transparence qui fouette de poussières comme autant de lettres qui pourraient faire son poème.

 

Invisible de lourdeur, vide du sens de tous ses sens, elle finirait par croire qu’il est un chemin de traverse à la lumière et faire le déni de sa route. Nez en l’air, elle donne le bain des cieux à son sourire qui dévore le silence dans le bruit du souffle, avant de le reprendre en oubliant que rien d’autre que ce que l’on fait par ce que l’on est ne nous appartient.

 

Le rêve de la suffisance par la galanterie est une offrande prétentieuse au soleil. Le vent ne faiblit pas même s’il n’arrache aucune étoile que l’on sait et que l’astre régulier de par le voyage de notre monde, rend au soir. Mais pour elle, c’est après un de ses jours perdus.

 

De lumière en lumières comme vérités en reflet de réalité, dans le vent en croyant s’entendre respirer, la contemplation stoïque nous fait monstre d’enfant sans naïveté.

 

Le rêve s’étale sur l’espérance en mots arrangeants, vigoureux sans aucune force : fondant pour se confondre en confrontation. Croire donner n’est que prendre.

 

Le vent continue de souffler sans qu’elle n’apprenne à voler, préférant dans sa flamme de chevelure forcée de spontanéité, croire l’avoir dompté.

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Rideau du vent


Le vent tire sa bâche de nuages sur son plafond noir avant de l’ouvrir, laissant alors tomber un rideau de pluie sur le matin.

 

La poésie, en valise de langage, est salive de voyage.

Fin de l’été


Comme accroché à leurs longues cordes blanches arrachées aux terres qui veillent l’été mourrant, les avions éparpillent leurs rêves d’horizons.

Phrases silencieuses mais sans mystère du ciel, la lune les ponctue en un point de craie.

Puis, le royaume simple de la lumière se refait marbre avant un dernier vent voleur des parfums et stupeur des cigales.

De ces pays de souvenirs mérités, les vieilles pendules de chaque maison qui se répondaient dans les rues, continuent de sonner midi dans l’oubli d’un temps fluorescent sans nuances de vérités, étouffé par la réalité.

Nuit du matin débordant des rives du jour, le diktat du néon en compensation hystérique au bonheur redevient raison.

Naissance de la jalousie


Marin sur rivages de tous dangers inconnus

Sur canine de mer, suffocant de jalousie,

L’eau perlée s’écrase lourde écorchée à nu

Par la lueur muette de tes fantaisies.

.

De vague en lame tu en oublies alors la mer

Qui admet tous tes zéphyrs et tait la douleur

Jusqu’à ne plus reconnaître l’embrun amer

Qui s’échoue sur les limons de toutes tes heures.

.

Fuite de nos regards pour quelques fugaces minutes

Abandon de ton vent en rêve de mauvaises brises,

De la corne, seul son souvenir te rend hirsute

Et vide le bonheur en son sens dans notre église.

.

Reflet d’un sourire brillant comme une belle parure

Le reflet n’a aucun écho, aucun parfum.

Il s’installe dans la solitude par la brûlure

Et écoule tous nos espoirs en sa propre fin.

Un fini


Photo : Margot Roisin, tous droits réservés

Photo : Margot Roisin, tous droits réservés

 Photo extraite du blog :

https://regardsdicietdailleurs.wordpress.com/

Il n’est d’adieu qu’au vent. Perceptible transparence, glaciale, brûlante, peu importe la chaleur du fouet puisqu’il prend le temps de tuer le temps.

Brise caressante empoisonnée, agonisante de silence, étouffée en dernières salves comme furie avant l’imminence d’un ange qui n’ose passer.

Larmes qui ne feront jamais noyade alternant avec la colère sur souvenirs s’envolant comme poussière pour rires d’enfant s’exclamant « encore ! » et faire de tes sourires vice de caprices.

Absolu explosant l’éclat des instants en dates figées de scintillements pales et de mensonges. Un fini sur lequel la poussière envolée en fait couche opaque et éternelle insensible et pourtant pareille au vent.

L’excuse


A ne faire de l’envie qu’un chant que le vent absorbe sitôt qu’il est entonné, on ne fait du silence qu’un roi du néant.

De l’inanité, la vérité se dessine alors par l’erreur des excuses qui ne sont plus l’humble reconnaissance du travers mais sa pauvre justification faite de vide et qui revêt les couleurs d’une fable à rougir du besoin.

Rien ne change pour ce monde, sauf pour quelques poètes que l’on imagine fallacieux sans trop y penser et qui voient qu’ainsi le ciel se fait larme de soleil.

L’un dans l’autre


Sur la plage, l’horizon envoie les embruns par les danses mousseuses d’ennui plat et caniculaire sur la lourde poussière comme linceul de mer sur lequel on étale des serviettes pour fesses à tremper.

Au loin, les collines, sous les poussières légères narguant les vengeances à venir encore blanches du ciel, nous rappellent, rassurantes, la sécurité des murs abandonnés à distance suffisante pour un rien de rires vides mérités qui écopent un autre rien trop plein de nécessités aussi aveuglantes que ce soleil considéré comme repos.

Voici en carte postale un l’un dans l’autre antagoniste de ce qui s’appelle hâtivement et uniformément bonheur  voyageant de pâtés de maisons en palais de sable et qui ressemble pourtant au vent qui fuit. Voici en subterfuge de besoins justes désignés ainsi et qui, en concurrents absurdes, se justifient l’un avec l’autre.