Entre deux mondes


La mer dépose sans cesse les reflets des jours passés.

 

Poussière blonde pour frontière de l’origine qui agonise éternellement sur le devenir déjà mature du haut de l’âge de ses falaises.

 

Tout en dérobant quelques perles salées, le vent les unis.

 

Salué par les vagues et quelques vagues d’innombrables tiges d’espérances vertes où s’attardent quelques nuages de laine faisant bombance, il voyage sans cesse en transparence fouettant tous les masques des regards qui ne voient que leur monde et hument le souvenir d’un autre pour faire leur langage myope de savoir et lucide de croyances.

Envolé


Les arbres patientent de saisons en saisons jusqu’à faire indienne leur longue file. Ici, au détour d’un regard, l’un dans l’ombre de l’autre crache la flamme d’automne.

 

Soudain une rafale, venue de devant, tire les feuilles comme on tirait les oreilles d’un enfant jusque devant sa bêtise. Les feuilles virevoltent et s’envolent loin dans l’oubli, loin derrière l’aiguille que je fais de mon temps comme tous solitaires avançant dans le vent ne saisissant, silencieux aux oreilles froides, rien du présent.

L’essentielle unité


Photographie "Before the rain" J2MC, droits réservés

Photographie « Before the rain » J2MC, droits réservés

 

Vagues éternelles sur vagues figées et rongées, comme la lumière et l’ombre, tel un foyer au regard lancé vers la ligne de l’union quotidienne de l’origine, trop lointaine pour converser, l’horizon est l’inaccessible raconté par le vent qui se fait parfois lit de nuage comme silence de sommeil tourmenté.

 

Les fenêtres se jettent sur une terrasse aux colonnes, chacune en garde – à – vous, pour l’honneur de quelques uns qui font face à l’honneur, de tous, oubliés.

 

Pourtant, même par luxe, le regard se fait comme l’expression d’un lointain souvenir, la jetée de la pêche à l’essentielle unité.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

https://www.flickr.com/photos/walberthur/

Espérance dévorée


Le vent fait une bourrasque de brouillon avec ses longs cheveux avant de les tirer, agacé, dans sa transparence qui fouette de poussières comme autant de lettres qui pourraient faire son poème.

 

Invisible de lourdeur, vide du sens de tous ses sens, elle finirait par croire qu’il est un chemin de traverse à la lumière et faire le déni de sa route. Nez en l’air, elle donne le bain des cieux à son sourire qui dévore le silence dans le bruit du souffle, avant de le reprendre en oubliant que rien d’autre que ce que l’on fait par ce que l’on est ne nous appartient.

 

Le rêve de la suffisance par la galanterie est une offrande prétentieuse au soleil. Le vent ne faiblit pas même s’il n’arrache aucune étoile que l’on sait et que l’astre régulier de par le voyage de notre monde, rend au soir. Mais pour elle, c’est après un de ses jours perdus.

 

De lumière en lumières comme vérités en reflet de réalité, dans le vent en croyant s’entendre respirer, la contemplation stoïque nous fait monstre d’enfant sans naïveté.

 

Le rêve s’étale sur l’espérance en mots arrangeants, vigoureux sans aucune force : fondant pour se confondre en confrontation. Croire donner n’est que prendre.

 

Le vent continue de souffler sans qu’elle n’apprenne à voler, préférant dans sa flamme de chevelure forcée de spontanéité, croire l’avoir dompté.

Rideau du vent


Le vent tire sa bâche de nuages sur son plafond noir avant de l’ouvrir, laissant alors tomber un rideau de pluie sur le matin.

 

La poésie, en valise de langage, est salive de voyage.

Fin de l’été


Comme accroché à leurs longues cordes blanches arrachées aux terres qui veillent l’été mourrant, les avions éparpillent leurs rêves d’horizons.

Phrases silencieuses mais sans mystère du ciel, la lune les ponctue en un point de craie.

Puis, le royaume simple de la lumière se refait marbre avant un dernier vent voleur des parfums et stupeur des cigales.

De ces pays de souvenirs mérités, les vieilles pendules de chaque maison qui se répondaient dans les rues, continuent de sonner midi dans l’oubli d’un temps fluorescent sans nuances de vérités, étouffé par la réalité.

Nuit du matin débordant des rives du jour, le diktat du néon en compensation hystérique au bonheur redevient raison.

Naissance de la jalousie


Marin sur rivages de tous dangers inconnus

Sur canine de mer, suffocant de jalousie,

L’eau perlée s’écrase lourde écorchée à nu

Par la lueur muette de tes fantaisies.

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De vague en lame tu en oublies alors la mer

Qui admet tous tes zéphyrs et tait la douleur

Jusqu’à ne plus reconnaître l’embrun amer

Qui s’échoue sur les limons de toutes tes heures.

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Fuite de nos regards pour quelques fugaces minutes

Abandon de ton vent en rêve de mauvaises brises,

De la corne, seul son souvenir te rend hirsute

Et vide le bonheur en son sens dans notre église.

.

Reflet d’un sourire brillant comme une belle parure

Le reflet n’a aucun écho, aucun parfum.

Il s’installe dans la solitude par la brûlure

Et écoule tous nos espoirs en sa propre fin.