Hommes d’hiver


La lumière étale ses métaux précieux sur les plus hautes vitres, comme s’il s’agissait de son unique parole à l’instant froid fait de couleurs engourdies.

Maigre excès furtif irréel sur la réalité qui compose la seconde froide d’ici venue des chaleurs de si loin.

Puis, dans ma course vers ce que j’aurai oublié demain, il n’y a plus que l’hiver qui ressemble aux hommes.

En commerce monnayé d’empathie, ils s’expriment en mots de caresses, pour prétextes à l’expression des suivants piquants.

En dépit des lumières qu’ils projettent, ils font un monde qui n’assume pas et s’effraie même de la responsabilité de ses propos à tenir.

Ils les savent fondamentalement en dépit du déguisement des flatteries. Ils savent qu’ils sont criminels sans prévenance. La voix dit ce qu’elle ne veut pas entendre. Mauvais chant, on ne danse jamais en ce bal masqué.

En dépit de l’éclat de leur sourire, irréprochable comme une excuse, trop d’hommes sont fait d’hiver.

Lune


La solitude d’un dernier verre accompagne le silence des cieux de toutes fatigues. Les ténèbres se réveillent alors.

Apparaît le visage apaisant que nous admirions jadis des amoureux exilés. Pastille des jours brûlés, elle soigne leur mal par leurs regards la caressant et qui, comme bouteille à la mer, inspirent à chacun troublé un sourire perdu tandis que lumineuse elle aspire nombres d’espoirs tenaces mais lointains.

Masque de la nuit, la paresse de son mensonge d’éclat n’est que reflet d’ardeurs. Cachant les innombrables perles de vie, la mort croissante et pleine reste figée.

Comme s’il n’allait plus y avoir de lendemains, en point final des couleurs, et puisqu’il me reste à rêver à tes côtés, la lune épouse la solitude d’un dernier verre qui accompagne le silence des cieux de toutes quiétudes.