Souffle d’une prière (poème)


Voici donc le texte de la vidéo de ce poème que je vous ai proposé il y a quelques jours. Bonne lecture.

.

Et tandis que le graisseur de moteur hante toujours de son heure furtive l’ardeur que tu sais sur celle que j’imagine,

 

Tandis que le souvenir de ses vagues ne sera jamais l’éternité des mers, sa promesse de voyage n’embarque jamais aucun mot fort pour les temps à venir,

 

L’horizon est ici : sur ses vagues qui se remuent comme hier ses fesses effleurées par une lumière silencieuse, son cargo de patience part pour ailleurs mais ne ramènera rien des nuages qu’il va croiser.

 

Il reste tel le mystère des mers, comme la page essentielle à l’encre qui ondoie vers la profondeur de ses mots mais qui s’envole dans le silence de l’écrit, comme la retenue de la caresse qui n’a de sens qu’en mots de toutes les absences trop légères et qu’un bâtiment de fer ne fait qu’excuse au graisseur de moteur.

 

Mer qui regarde les étoiles dans son sommeil perdu, sans jamais entendre autre langage que le voyageur à l’horizon d’une jeunesse de découverte déjà assouvie, prise dans tous les vents, jamais dans aucun courant, tu sais la hauteur des falaises, l’abondance du mariage de ta terre et de la lumière.

 

Les étoiles filantes ont le destin tragique des cadavres et ce qu’il en reste se noie perdu dans l’étendue du voyage qui ne mène que vers jouissances de marins.

 

Le souvenir du sable, couleur de sa peau, s’est envolé comme poussière par la brise transparente de sa raison pour tous ses sens, tandis qu’elle porte ton chant, au-delà des plus lointains bateaux, au-delà des veilleuses de tous les songes.

 

Dès lors, les sirènes meurent de ton sommeil, de ta négligence d’insomnie qui jette la couverture promise de l’horizon de la mer et qui s’éveille sur les mots couleur crasse de moteur. La mer n’est que le reflet du ciel et le ciel n’est que le mensonge de la lumière.

 

La plage comme frontière t’a dit, sans rien dévoiler des mystères des flots qui semblent offrir de leur dentelle en s’étalant sur la terre, que l’origine s’épanchait sur le devenir sans jamais, que par toi-même, rien y faire.

 

De ses mots, dévoreurs de l’aube invisible des lointains horizons, ne reste qu’un souvenir vague de vagues originelles de ce marin sans phare, et l’imperfection de ta mémoire quant à ces instants n’est qu’étincelle ratée.

 

Comme chacun largue ses amarres, chacun choisit son port.

 

Ainsi mon amour, la conjugaison de notre poème se fera dès lors au pluriel de nos regards qui glissent sur les flots et s’élèvent jusqu’à Antarès.

 

Car sinon il n’est pas, l’amour ne meurt pas de silence, de cris ou de chants de sirènes. Il nous élève comme le souffle d’une prière.
.
Retrouvez la vidéo de ce poème en cliquant sur lien suivant :

https://borissentenac.wordpress.com/2017/09/25/souffle-dune-priere/

Et sur le même thème le poème de Margot Rosin :

http://wp.me/p4c7zc-a0

Souffle d’une prière


 

Dans l’esprit des artistes de l’époque (Jean – Claude Vannier et Serge Gainsbourg) et au travers des photos de J2MC :

de Margot Roisin :

https://regardsdicietdailleurs.wordpress.com

et de moi – même, découvrez le poème Souffle d’une prière dans le format vidéo en cliquant sur le lien ci – dessous. Poème propre à ma vie qui n’a pas vocation à retirer quoi que ce soit à l’oeuvre complète originale, comme chacun qui se confronte à une oeuvre, si elle marque, elle parle de lui.  Rien de plus sinon que ce poème. Si le coeur m’en dit (et il m’en dira) je vous donnerai le texte mais pour le moment dans ce format vidéo atypique, découvrez ma perception de cette oeuvre unie au vécu.

Puis, lorsque vous aurez vu cette vidéo, sur le même thème,  découvrez le poème de Margot Roisin :

http://wp.me/p4c7zc-a0

Naissance de la jalousie


Marin sur rivages de tous dangers inconnus

Sur canine de mer, suffocant de jalousie,

L’eau perlée s’écrase lourde écorchée à nu

Par la lueur muette de tes fantaisies.

.

De vague en lame tu en oublies alors la mer

Qui admet tous tes zéphyrs et tait la douleur

Jusqu’à ne plus reconnaître l’embrun amer

Qui s’échoue sur les limons de toutes tes heures.

.

Fuite de nos regards pour quelques fugaces minutes

Abandon de ton vent en rêve de mauvaises brises,

De la corne, seul son souvenir te rend hirsute

Et vide le bonheur en son sens dans notre église.

.

Reflet d’un sourire brillant comme une belle parure

Le reflet n’a aucun écho, aucun parfum.

Il s’installe dans la solitude par la brûlure

Et écoule tous nos espoirs en sa propre fin.