D’inspirations en expiration


Le vent se réveille et se presse comme s’il avait dormi trop longtemps, écrasé par la chaleur de l’été. Il s’engouffre dans les rues et prend son élan pour rejoindre l’océan. Les arbres tentent de le retenir mais leurs feuilles fatiguées sont arrachées par son souffle vigoureux.

La peur le pousse. Il tire la pluie qu’il fuit, ce rideau qui le dévore en s’écrasant sur l’automne qui traine sur les trottoirs. Le vent reviendra, il reprendra la rue, toujours aussi pressé, en hurlant sur les contrevents ses voyages avec son langage en voyelles soufflées. L’hiver effacera les derniers souvenirs des arbres qui, comme sur nos tombes, n’ont rien d’éternel.

D’inspirations en expiration, de sommeil en rêves éveillés, à l’intérieur des rues comme à l’extérieur du regard de nos fenêtres closes, l’oubli fait partie des saisons qui se répètent. On sait ce que l’on oublie, on retient ce que l’on ressent.

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