Retour involontaire


RETOUR INVOLONTAIRE

Photographies : Boris Sentenac, tous droits réservés

Il reste le vent qui agrippe les sapins. Il rappelle ses mots soufflés sur la cité des mers. Il rappelle le ressac, ici figé sans temps de mémoire et pourtant…

 

Les papillons, comme poème dérobé, tourbillonnent en ardeur fragile et insouciante. Leur repos se fait sur l’offrande d’une fleur avant de s’envoler comme pour éviter l’obstacle que je fais à sa lumière.

 

Figée sur les herbes sèches qui préfèrent l’espérance de l’éternité en leur terre plutôt que de partir avec la certitude du souffle, par ce tapis, mon ombre apparait ridée.

 

La chevelure rase du lieu semble gardienne fatiguée des secrets enfouis qui, plus loin, regardent de leur œil le ciel en absorbant son rêve en vocabulaire scintillant d’une luxure noyée.

 

Au loin, se dresse l’élan des terres qui observait le nôtre. Comme éternel, n’ayant que l’oubli des quelques heures autrefois partagées avec lui et impassible à notre devenir gâché, il semble discuter avec les sommets voisins.

 

De nous il reste la couleur du deuil, celle qui dit le dernier espoir que l’on se veut chacun pour soi et qui orne ici devant la montagne en rideau piquant de chardons enracinés dans leur sécheresse à venir.

 

Et pourtant… Je souris au vent, à l’élan des terres, aux papillons, aux herbes et au prairies infranchissables en savourant la chance de nos sourires d’aujourd’hui.

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En éphémère


Illustration Svetlana Sirenko (droits réservés)

Illustration Svetlana Sirenko (droits réservés)

Bulle du fruit des terres maquillées en fumée pour saluer les cieux timides et offrir sur son lit une ombre d’humilité nécessaire aux prétentions passées de la lumière.

 

Tu t’inclines devant le don pour faire don à ton tour en traducteur des messages de ce qui fait ton éclat tandis que tu restes droit, plongé en terre nourricière à qui tu offres ta douceur apaisante.

 

Raconte encore le silence des couleurs.

 

Salutation forcée sur les herbes séchées, le temps inconnu courbe la vie en cet instant qui s’oublie et s’accroche à son origine pour s’approcher inéluctablement du point de rupture, règne absolu du vent.

 

Ainsi tu sais l’inconnu transparent balayeur de poussière, voyageur des lendemains, et tu restes dans le mystère de la force de tes racines accrochées à l’éphémère inexistant qu’est le présent.