Mourir de souvenir (furtif)


Se laisser devenir un souvenir,
En dépit et par ailleurs de vivre,
Revient ainsi à se laisser mourir.

Soleil d’un jour, le même chaque jour,
Comme femme de l’instant pour le néant,
Monnayée en sourires et flatteries,

Et sans avoir rien d’autre à lui donner
Que ce qu’on a à lui prendre en l’instant,
Redoutant la déception d’un refus,

Plutôt que de ne succomber qu’aux corps
Qui ne promettent la sagesse des mots,
Aveugle à son regard sur l’horizon

Qui ne dit rien de cet instant furtif
Négocié en répétitions bourgeoises,
Tu méprises ce qu’il est à vivre.

Demain la lumière d’un autre soleil,
Et que tu ne vivras que paupières closes,
Fera de l’oubli ton identité.

Tu deviendras alors un souvenir
Fait d’insultes et de mystères bien déçus
Qui alors nous aura laissé mourir.

Beauté de paradoxe


Photo : Boris Sentenac Droits réservés

Habillée de certitude, tu es maîtresse habile, joueuse de charme,

magicienne du feu sur cascade de force, de ton regard de femme.

Reflet de chaleur à faire rougir tous les soleils,

à l’heure des rêves le silence est ombre de tes pépites d’étoiles.

Le joyau de lumière appelle la main pour se coiffer de son assurance

et l’apaiser d’espérance dans l’instant secret de la ride

du lit carmin de tes baisers.

Flambeau de caresses d’or, le trésor est gardé

par milliers d’aiguillons comme autant de paradoxes hérissés

qui démontrent la beauté de l’abandon

de toutes convenances transparentes en vitrail de vérité.