L’injure des convenances


Comme le facteur qui se morfond avec la certitude de la méconnaissance, à chaque maison avec les mains présentes en guise de boite aux lettres, d’un monde qui s’écroule avec la banalité d’un propos valorisant, l’amour est aveuglant, piquant et toxique pareil à la fumée pour le profiteur des justes douces futilités. C’est de son feu que l’on profite pourtant…

Le décor appuie la certitude du poète qu’il couche en gouttes de doutes

Les yeux fermés, comme on sent la caresse sur le visage, invisible à la conscience corrompue, rassurante et mesurée, simple mais essentielle, d’un soleil de printemps père des parfums des jardins du bonheur, l’injure des convenances se fait la forte vérité.

Parle moi


Parle moi de tes cyprès qui se gardent leur jardin

Des corbeaux qu’ils renvoient malgré eux

Au devant des larges lucarnes

Qu’un maigre tison ne sait pas faire chanter

Comme le faisait ce soleil  des chaleurs d’antan

Qui s’était écoulé sur le bec du merle.

Parle moi de ces chants des champs qui se cachaient

Derrière les couleurs chatoyantes des abeilles.

Parle moi de ce fils des senteurs qui ne sait plus

Que l’odeur froide et amère de la mort

Qui s’effile comme l’espoir en fumée bleue.

Parle moi de ce qui ne sera pas

Pour ne pas parler de ce qui ne sera plus

Comme d’un temps méprisé devenu juste perdu ;

De ces gains qui courent à l’échec de l’essentiel

Te rappelant à ta pitance enracinée

Près des cyprès de ta conscience et de l’oubli.

Parle moi comme tu parles au vent.