Un matin au café


Un nouveau soleil

Embrase les couleurs

Qui s’étirent en s’éveillant

De leur ombre étalée

Comme un souvenir

Nocturne de mes rêves

Pareil à ceux d’un nuage.

 

La lune en pierre blanche,

En vie par mon regard

Hier endormi trop tard,

A scruté en patience

Et en son silence,

Tel l’oubli de promesses,

L’extase de mes mirages.

 

 

En réminiscence,

Par son éclat blafard

De l’effroi d’un autre jour

Qui reste à revenir,

La voici noyée

En galaxie de mousse,

D’un café de bavardages.

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De notre amie


A Céline,

 

Terrasse engourdie, place de la Sorbonne, de la vigne de la nuit, il reste un jus chaud dont l’univers de tasse blanche montre ses galaxies de mousse et de bulles comme autant de regards différents se liant.

Soudain, venant de loin, la brise me salue d’une caresse mesurée. La solitude par ses mots de silence, prend la parole du souvenir de ses sourires anisés des chaleureux crépuscules de Marseille d’où vient peut – être ce souffle.

L’instant solitaire de la distance n’est pas lame à couper la corde de l’horizon, il a l’âme du lien. Le bonheur n’a que les conditions qu’on lui donne.

Gravité de l’amour emporté au loin, il nous reste, à nous trois, la gravité de notre amitié gardée. Elles continuent de tournoyer à deux pour une et à une pour nous. Ma cuillère a fait taire la solitude furtive des heures obligées de la journée qui s’est noyée dans mon café avant de l’avoir bu. Il s’écoule maintenant, chargé de tous les instants sur l’univers de ma page blanche en mon poème.