L’absolu


 

« Ce n’est pas le doute qui rend fou : c’est la certitude. »

Nietzche

 

 

Les couleurs sont innombrables

Mais nous sommes aveugles

De tout leur éclat qui s’étire jusqu’en nuit

Comme nous sommes sourds du bruit

Qui s’endort dans le silence.

 

Les étoiles dessinent la promesse

Dans la sérénité de ce qui les suspend :

Mystère et évidences

De ce que nous percevons avant de savoir.

 

Nous vivons en une lapalissade

En cachant nos différences,

Celles sacrifiées au nom de dieu, ou celles condamnées par bon sens dénué de raison,

En discours de tous pour chacun murmurant nos prières

Colmatant par mensonges nos rêves sur le monde.

 

La foret n’est pas faite que d’un arbre.

Et le chemin qui la traverse

Chanté par d’innombrables oiseaux

Nous dirige sans rien dire vers l’éclat des blés.

 

A ne voir que nos nuages,

Nous oublions qu’ils ont vu bien des terres.

Rassuré par l’omission, nous faisons de nos propos la mission du monde.

Nous craignions de mourir malheureux, sacrifié ou condamné.

Et nous mourrons écrasés en pluie trop lourde pour la lumière espérée.

 

La certitude est le vêtement de la vérité

Le mensonge de toutes les réalités

L’expression de la peur de nos échecs

Qui ne seront jamais le propos de nos aveux !

 

Ainsi, en mots sur le monde, l’absolu ne peut – être qu’une croyance.

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Absolu passager


Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

 

La mer s’est retirée comme un drap de la couche qu’est l’horloge allongée de l’horizon.

 

Coincée comme un bâillement entre les deux oreilles, dont on ne sait plus s’il s’étire ou se contracte, elle a retiré sa fatigue du grand lit de la petite plage, nourrie de l’influence d’un reflet transparent d’une lumière qui ne dit rien de son mariage, effondré dans une normalité quotidienne qui éteint celle des vagues absentes du jour. La voici aveuglée de lumière, comme soumise à la transparence du mystère.

 

Pourtant, seules comme quelques souvenirs, la mer a laissé quelques flaques qui nous disent la déraison de l’absolu.

*

À lire sur le même thème le poème de Margot Roisin :

https://versantares.wordpress.com/2016/10/12/maree/