Néant


Je me suis endormi sur mes rêves polis

Comme un galet auprès de sa belle rivière,

J’ai admiré la transparence s’écoulant

Sur l’éternité, puis par ta main de poèmes

Tu m’as glissé dans la poche de ton envie,

En un désert : silence de ta liberté.

Tu t’es approché d’un ciel bien trop lumineux

Et n’as entendu que la parole légère

Du vent trop fort qui ne se doute pas des gifles

Qu’il inflige, brûlant son plaisir vaporeux

En déni et toujours au mépris des bonheurs.

Il t’a parlé de ses jeux en mots de voyelles

Criantes mais si pauvres, puis tu as lancé

Du haut du vertige, le poids de l’essentiel.

Il n’y a plus de rêves ni de transparence

Et ton fugace plaisir, opaque aux poèmes

N’avait même pas le goût du sucre promis

Puisqu’aucun fruit ne pousse sur branche arrachée.

De cette chute vertigineuse il ne reste

Que les angles saillants qui ne croient plus en rien

Et qui pourtant en une prière réclament

Le silence des mots de notre vérité,

Ne pouvant par aucun vent polir à nouveau

Ce cauchemar figé en quelque nouveau rêve.

4 réflexions sur “Néant

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