De l’ombre d’un nuage


L’ombre est l’encre de la lumière. Divine, de raison ou de vie, sa première plume est nuage.

 

Avant de s’effondrer en larmes, comme une ultime injure à la brûlure suprême qu’impose le soleil sous forme de don (pareil à une excuse de mensonge), le nuage par sa sieste, s’inscrit en repos concentré de l’éclat sur la terre.

 

De sa légèreté, le nuage qui fait ce qu’il est supplante la lumière qui n’est que ce qu’elle fait.

 

Le ciel n’est pas qu’univers et sa profondeur s’exprime grâce à l’insignifiant mais subtil voyageur essentiel…

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8 réflexions sur “De l’ombre d’un nuage

  1. Hymne au soleil

    Je t’adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,
    Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,
    Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,
    Se divise et demeure entière
    Ainsi que l’amour maternel !

    Je te chante, et tu peux m’accepter pour ton prêtre,
    Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
    Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,
    L’humble vitre d’une fenêtre
    Pour lancer ton dernier adieu !

    Tu fais tourner les tournesols du presbytère,
    Luire le frère d’or que j’ai sur le clocher,
    Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,
    Tu fais bouger des ronds par terre
    Si beaux qu’on n’ose plus marcher !

    Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !
    Sois béni parmi l’herbe et contre les portails !
    Dans les yeux des lézards et sur l’aile des cygnes !
    Ô toi qui fais les grandes lignes
    Et qui fais les petits détails!

    C’est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre
    Qui se couche et s’allonge au pied de ce qui luit,
    De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,
    A chaque objet donnant une ombre
    Souvent plus charmante que lui !

    Je t’adore, Soleil ! Tu mets dans l’air des roses,
    Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !
    Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéoses !
    Ô Soleil ! toi sans qui les choses
    Ne seraient que ce qu’elles sont !
    EDMOND ROSTAND

  2. Hymne au soleil

    Je t’adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,
    Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,
    Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,
    Se divise et demeure entière
    Ainsi que l’amour maternel !

    Je te chante, et tu peux m’accepter pour ton prêtre,
    Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
    Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,
    L’humble vitre d’une fenêtre
    Pour lancer ton dernier adieu !

    Tu fais tourner les tournesols du presbytère,
    Luire le frère d’or que j’ai sur le clocher,
    Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,
    Tu fais bouger des ronds par terre
    Si beaux qu’on n’ose plus marcher !

    Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !
    Sois béni parmi l’herbe et contre les portails !
    Dans les yeux des lézards et sur l’aile des cygnes !
    Ô toi qui fais les grandes lignes
    Et qui fais les petits détails!

    C’est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre
    Qui se couche et s’allonge au pied de ce qui luit,
    De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,
    A chaque objet donnant une ombre
    Souvent plus charmante que lui !

    Je t’adore, Soleil ! Tu mets dans l’air des roses,
    Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !
    Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéoses !
    Ô Soleil ! toi sans qui les choses
    Ne seraient que ce qu’elles sont !
    Edmond Rostant

  3. Pingback: Anniversaire du blog – Boris Sentenac

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