Interlude


On tombe par hasard sur  » Spain  » de Chic Corea qui reprend Aranjuez mon amour. L’envie me prend sitôt le jazz passé de retourner à l’origine. Margot plonge dans le haut bois qui pleure sur la guitare, entre l’envol écrasé et le spasme qui se perd dans les hauteurs des sensations. L’inspiration poétique l’enrobe et sa larme ne sait se retenir sur la version chantée en Espagnol par Dalida. Bref, comment ne pas partager ? Profitez

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Paradoxe


La mer est possessive et, masquée en chants de marins, solitude de bateaux.

 

La plage est infidèle par nature, acceptant toutes les caresses de chaque vague passante.

 

Il n’est aucun mot à la simple perception de la réalité tandis que tous se pressent sur les vérités du sable, comme les poèmes sur les déserts blanc.

Quotidien


 

Au loin, dans le matin froid, la montagne Sainte Victoire fumante de ses rêves joue sagement à cache – cache avec les collines vertes qui glissent dans le quotidien terne et presque transparent du passé drapé d’habitudes linéaires que chantent en monotonie majeure toutes les minutes des trente cinq du bus au sens des heures à pointer.

 

Dans le néant du soir d’hiver, me voici conscient de la langueur obligée passée et dans le déni de la fugacité de l’essentiel simple à venir. La monotonie est alors virgule des temps. No man’s land comme enfance aveugle sur les minutes qui ressemblent aux heures.

 

L’oubli se coince pincé dans l’empreinte, comme la route, entre les reliefs du matin et ton sourire du soir. Le temps n’est rien.

La toilette


la toilette

La toilette (Toulouse – Lautrec)

L’heure est à la rêverie des eaux. Le reflet s’écoule sur la peau faisant flaque de linges et horizon de mur.

 

Tu abandonnes les souillures devenues habitude et mérite de repos au couple de sièges immuables à l’instant car figés en trônes des fatigues d’heures tardives qui ont oubliées le temps.

 

Chaussée de nuit et assise sur tapis de ténèbres comme contraste sur le plancher du répit, ton visage est le charme sans fard d’une douce voix de silence sage et d’un regard en voyage vers les étoiles douces de ton sourire rêveur avant que la réalité ne te prête mots non choisis à propos de l’escalier pour paradis désuets, pour gain de pain quotidien.

 

De ces souillures de toutes les solitudes devenues habitudes, la toilette se finit en perle comme seules larmes de fraîcheur au reflet de tes rêves mystérieux comme ton visage fait beauté de ton présent.

 

A lire, le poème  » Caméléon  » sur le même thème, de Margot Roisin :

https://versantares.wordpress.com/2016/01/04/cameleon/

Voeu


Comme aucun vacarme, le cri du propos n’en est pas la force. Il n’est que tempête venue du désert du bonheur. Son souffle n’est que transparence de revenants. Il n’engendre que la crainte sans jamais se faire respect.

 

Fermer les yeux n’efface aucun fantôme.

 

Il n’est de spectre que celui de nos faiblesses. A chacun, à chaque communauté, sans rien renier d’essentiel, en ce moment d’espérance comme en tout autre pour chacun, en cette époque charnière pour tous, puisque nul ne sait si la poussière de l’horizon vole par colère ou en sérénité, pour qu’éclate alors la peur des mystères et que les cris deviennent chants, je souhaite la force d’admettre les mots simples à dire de chacun dans sa sincérité comme à entendre dans la tolérance par tous. Je souhaite à tous les mots simples de toutes les vérités.