Jeunesse


Les bruits de Paris deviennent ceux de Marseille. Le souvenir glisse sur le verni de la pluie. Nulle nostalgie pour échec au bonheur. Il est temps, même furtivement, d’éclater le temps.

 

Comme des vêtements sans mode que l’on enfile les uns par-dessus les autres à mesure qu’approche l’hiver, n’empêchant pas la vérité de la nudité malgré la réalité, l’âge n’est pas la jeunesse.

 

Nu comme l’espoir de l’amour, condamnée sur sa peau comme sur les mots, les couleurs, les musiques de la poésie, réduite en porte – manteaux, elle se tait humblement devant l’autel des nécessités sans jamais en faire dieu. Sa larme est l’expression du divin qu’elle est.

 

Avant de n’avoir trop prononcé la mort, avant l’ultime toilette et les derniers vêtements en dernière pudeur étirée d’un passé qui n’a pas plus de sens que le dernier sourire figé qui n’est même pas le notre, avant de n’être que la brume dénuée de rêve s’évaporant du verni de la vie et tandis que les bruits de Paris deviennent ceux de Marseille, il est toujours temps d’inscrire le présent dans tous les temps.

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2 réflexions sur “Jeunesse

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