Manège de graine


Manège de graine

Photos : B. Sentenac

Je me souviens, enfant, dans ce parc aux marronniers fournis se faisant ciel des soirées de fêtes braillardes, tournoyantes et comme insultant la nuit. Pour quelques sous se faisant promesse de la lune contre quelques tickets de droits, pour rêver en cadence de grosses caisses, je me faisais pilote d’ailleurs vers nulle part.

D’une graine qui s’est faite tronc secret de ses pleurs suspendus pareils à l’oubli du socle de l’union comme rêve perdu d’amoureux subitement éveillés, en fontaine verte, le saule se fait caverne en ronde de larmes retenues par l’élan retombant alourdi par sa vie. Comme une couronne qui sait la révérence, le saule trône sur mon jardin.

Me voila, enfant mort, face à ce manège vert en attente vaine mais immuable de rires par ses pleurs éclairés, s’étirant comme lassé, pour contrer la patience précédant l’éternité pourtant déjà à jamais entamée.

 

L’excuse


A ne faire de l’envie qu’un chant que le vent absorbe sitôt qu’il est entonné, on ne fait du silence qu’un roi du néant.

De l’inanité, la vérité se dessine alors par l’erreur des excuses qui ne sont plus l’humble reconnaissance du travers mais sa pauvre justification faite de vide et qui revêt les couleurs d’une fable à rougir du besoin.

Rien ne change pour ce monde, sauf pour quelques poètes que l’on imagine fallacieux sans trop y penser et qui voient qu’ainsi le ciel se fait larme de soleil.