Ca vous changera (mais éphémère…)


Que peut – on reprocher à une jeunesse persuadée de son potentiel ? Pas même son arrogance ? Son espoir déjà vain ? Nous avons été, depuis plusieurs générations, les mêmes prétendant à la différence. La sensibilité était notre, alors que nous étions les aveugles d’un maigre dollar.

La lecture du monde s’est rangée à la suffisance, même dans les bonnes volontés. L’électricité, et la magie qu’il est capable d’opérer tel sang d’un organisme, endort chacun dans sa simple bonne conscience juste facile. Et la facilité se fait symbole rassurant à la place des symboles. Le sang ne suffit pas : il n’est qu’outil.

Chacun se morfond de ne pas être depuis qu’avoir supplante être. Mais la nature humaine est. Même écrasée quelques vieux réflexes, que certains ont juste en sensiblerie beaucoup en design et en marketing passif, sans même se rendre compte qu’ils sont déjà dans des codes poétiques avalisés, et enfin, plus rares, quelques-uns en merveilles, apparaissent. La facilité, l’arrogance, la suffisance en guise de force brillante par une majorité donne une raison minable (même la majorité n’a pas forcément raison, elle n’est reconnue que comme légitime) mais robuste à l’endormissement d’un monde sur trois ou quatre notes au mieux, d’une mélodie de deux minutes quarante trois. Juste vivre parce que c’est agréable sans jamais aller loin avec l’effort. La pensée se fait alors jugement tandis que le langage se réduit à n’être qu’un moyen. Seuls quelques mots, les sujets abordés, nous donnent l’impression de ne pas faire des discours de comptoirs que l’on jette pourtant avec la certitude d’un néant risible.

La jeunesse m’interpelle. Les autres aussi je vous rassure mais la jeunesse est en devenir, elle ! Et donc le risque est d’autant plus insupportable. Sans globaliser, je n’entre pas dans le jeu du jugement rapide et trop facile (à tout jugement il faut un dossier à charge et un dossier à décharge pour ne pas être méprisé de préjugé), je lui souhaite d’être et de ne jamais se suffire à la terreur de l’incompréhension et pas même à la simple tolérance (compréhension diplomatique) à tout va. Il m’a fallut des années, nombreuses, pour comprendre les limites. Je sais pourtant depuis longtemps que le jugement sur ce qui nous est étranger est la fin de soi. Mais savoir ne suffit pas. Il faut être. L’émotion est trop vaste pour la prétention d’un seul et trop isolé savoir au même titre que posséder n’est pas être, que l’électricité ne nous fait pas, pareil au rouge des joues. Jeunesse, espère mais je t’en prie, lâche l’arrogance même bien fondée, s’il en est une qui soit ainsi, pour ne pas être trop tôt un vieux con en devenir, juste et justement pour être et accepte ce que tu es pour devenir l’individu que nous n’avons pas réussi à faire de toi malgré nous. J’ai perdu l’âge d’être naïf et je sais bien que nombre de jeunes même prometteurs se limiteront par conformisme et simple confort. Mais je garde espoir. Alors jeunesse, fonde ta parole et ouvre la à ce que tu ne sais pas. Demande… L’humilité n’empêche pas la fierté particulièrement bien fondée et quand tu sais, parle bien…

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